Alexandre Maral, avec la collaboration de Cyril Pasquier
Les catalogues raisonnés d'inventaire de collection de musée produits par la RMN-GP
Logotype du château de Versailles
Jardins de Trianon Jardins du Grand Trianon Salles vertes

Salles vertes

Les Salles Vertes en 1707

Autour d’un mail formant un axe allant de l’extrémité du bassin du Plat-Fond vers le nord, le dispositif des Salles Vertes fut constitué à partir de 169911. Registre des ordres de Louis XIV à Hardouin-Mansart, 1699-1702, fol. 22v, 21 juillet 1699, et fol. 23, 1er août 1699.. En mars 1700, Philippe de Courcillon, marquis de Dangeau, mentionne la promenade du roi à Trianon, « où l’on fait beaucoup de nouveaux embellissements : on y enferme des bois qui agrandiront fort ce lieu-là, et on y fait un fort grand mail qui sera tout droit22. Journal de Dangeau, 1684-1720, t. VII, p. 277, 21 mars 1700. ».

Ces Salles Vertes sont décrites pour la première fois en 1707 par le guide de Jean-Aymar Piganiol de La Force, dont le texte est repris dans l’édition de 171333. Piganiol de La Force, 1707, p. 380-383, et Piganiol de La Force, 1713, t. II, p. 223-226.. Le dispositif comporte alors huit Salles : la Grande Salle Ronde (Salle Ronde-A), la Salle Ronde à Quatre-Niches, la Salle des Deux-Ronds, la Salle Ovale Renfoncée, l’Antisalle de la Salle Ovale, la Salle Triangulaire, une seconde Grande Salle Ronde (Salle Ronde-B) et la Grande Salle des Portiques.

Jardins de Versailles - Plan général du palais de Trianon et de ses jardins
fig. 1 - Pierre Lepautre, Plan général du palais de Trianon et de ses jardins, 1711. Dessin. Saint-Pétersbourg, Russian Academy of Sciences Library, collection of Peter I, section B, no 112, fol. 50v-51 © RASL

Le plan de Pierre Lepautre de 1711 (fig. 1), qui situe précisément pour la première fois les Salles Vertes, en recense treize, dont dix ornées de sculptures. Si, à bien des égards, ce plan correspond à la situation de 1707, un autre plan non daté des jardins de Trianon (fig. 2) concorde avec celle de 1713-1714. Il montre treize Salles Vertes, dont douze agrémentées de sculptures, désignées par des lettres.

Jardins de Versailles - Plan des jardins de Trianon
fig. 2 - Agence des Bâtiments du roi, Plan des jardins de Trianon, 1713-1714. Dessin. Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie, FT 4-VA-424, microfilm H 186638 © Bibliothèque nationale de France

L’inventaire de 1722, qui dénombre neuf Salles Vertes, donne des appellations quelque peu différentes du plan de Lepautre (fig. 1)44. Inventaire des sculptures, 1722, p. 129-144. À la suite de la Salle des Grands-Portiques, l’inventaire de 1722 omet de nommer trois Salles : l’Antisalle de la Salle Ovale, la Salle Ovale Renfoncée et la Salle des Deux-Vases, laissant croire que les sculptures sont toutes disposées dans la Salle des Grands-Portiques..

Enfin, d’autres appellations figurent sur la légende du plan gravé intitulé Plan du palais et jardins de Trianon avec les environs en 1730 (fig. 3).

Jardins de Versailles - Plan du palais et jardins de Trianon avec les environs en 1730
fig. 3 - [Pierre-Jean Mariette], Plan du palais et jardins de Trianon avec les environs en 1730, 1730. Gravure. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, inv. gravures 446 © RMN-GP (Château de Versailles) / Franck Raux

En se référant aux œuvres présentées dans les Salles Vertes en 1707, 1711 et 1722, et en supposant une progression topographique dans les énumérations de 1707 et de 1722, il est possible de proposer les correspondances suivantes55. Les Salles portant le même nom ont été distinguées : par des lettres pour les deux Grandes Salles Rondes ayant existé simultanément ; par des chiffres romains pour les deux Salles Ovales renfoncées successives. :

Piganiol-1707 Huit Salles Vertes dotées de sculptures Vingt-trois sculptures
Plan de Lepautre de 1711 (fig. 1) Treize Salles Vertes, dont dix dotées de sculptures Vingt-cinq sculptures
Plan non daté [1713-1714] (fig. 2) Douze Salles Vertes dotées de sculptures Cinquante et une sculptures
Inventaire de 1722 Neuf Salles Vertes dotées de sculptures Cinquante sculptures
Plan gravé de 1730 (fig. 3) Treize Salles Vertes
Grande Salle Ronde-A Six statues (MR 343, MR 1759, MR 1852, MR 1760, MR 283 et MR 1924)
Salle des Six-Figures (no 51) Six statues (MR 343, MR 1759, MR 1852, MR 1760, MR 283 et MR 1924)
R Six statues (MR 343, MR 1759, MR 1852, MR 1760, MR 283 et MR 1924)
Salle des Six-Figures Six statues (MR 343, MR 1759, MR 1852, MR 1760, MR 283 et MR 1924)
Salle des Six-Figures (no 16)
Salle Ronde à Quatre-Niches Quatre statues (MR 1857, MR 192, Vjs 116 et Vjs 899)
Salle Ronde des Quatre-Figures (no 36) Quatre statues (MR 1857, MR 192, Vjs 116 et Vjs 899)
L Quatre sculptures : trois Bacchus (MR 192, Vjs 116 et Vjs 899) et un Mercure (Vjs 811)
Salle des Ormes-en-boule Trois statues (MR 192, Vjs 116 et Vjs 899) et un groupe (Vjs 811)
Salle des Boules-d’Ormes (no 27)
Salle des Deux-Ronds Deux vases de Girardon (MR 3003 et MR 3004)
Salle des Deux-Vases-Blancs (no 34) Deux vases (MR 3003 et MR 3004)
H Deux vases [de Girardon (MR 3003 et MR 3004)]
[Salle non désignée, groupée avec la Salle des Grands-Portiques] Deux vases de Girardon (MR 3003 et MR 3004)
Salle des Vases (no 26)
Salle Ovale Renfoncée-I Minerve Mazarin (MR 341)
Salle des Grands-Portiques (n° 32) Minerve Mazarin (MR 341)
G Minerve Mazarin (MR 341)
Salle des Grands-Portiques Minerve Mazarin (MR 341)
Salle des Portiques (no 25)
Antisalle-A de la Salle Ovale Un vase (Vjs 895)
Antisalle-A (no 44) Un vase (Vjs 895)
D Une statue antique (Vjs 1051)
[Salle non désignée, groupée avec la Salle des Grands-Portiques] Une statue antique (Vjs 1051)
[Antisalle-A (non numérotée) de la Salle de Diane (n° 21)]
Salle Triangulaire Quatre vases (MR 2973, MR 2974, MR 2975 et MR 2976)
Salle Triangulaire (no 27) Quatre vases (MR 2973, MR 2974, MR 2975 et MR 2976)
E Quatre vases (MR 2973, MR 2974, MR 2975 et MR 2976)
Salle Triangulaire Quatre vases (MR 2973, MR 2974, MR 2975 et MR 2976)
Salle Triangulaire (n° 22)
Grande Salle Ronde-B Quatre statues (MR 1983, MR 1973, MR 233 et Vjs 813)
Salle de l’Enfant (no 29) Quatre statues (MR 1983, MR 1973, MR 233 et Vjs 813)
F Zéphyr et Flore en plâtre (Vjs 1227) Quatre statues (MR 1983, MR 1973, MR 233 et Vjs 813)
Salle des Quatre-Figures Quatre statues (MR 1983, MR 1973, MR 233 et Vjs 813)
Salle de Flore (no 24)
Grande Salle des Portiques Diane de Lefebvre (MR 2013)
Salle d’Atalante (no 26)
M Atalante Mazarin (MR 1896)
Salle d’Atalante Atalante Mazarin (MR 1896)
Salle d’Atalante (no 23)
Salle des Deux-Vases-Rouges (no 47) Deux vases (Vjs 1172 et Vjs 1173)
B Trois statues (MR 1923, MR 326 et MR 1857) Deux vases (Vjs 1172 et Vjs 1173)
Salle des Deux-Vases Trois statues (MR 1923, MR 326 et MR 1857) Deux vases (Vjs 1172 et Vjs 1173)
Salle de Mercure (n° 19)
Antisalle-B (no 37)
I Buste de Caracalla (Vjs 852)
Antisalle-B Un buste (Vjs 852)
Salle d’Alexandre (n° 28)
Salle Ovale Renfoncée-II (no 43) Diane de Lefebvre (MR 2013)
C Diane [de Lefebvre (MR 2013)]
[Salle non désignée, groupée avec la Salle des Grands-Portiques] Diane de Lefebvre (MR 2013)
Salle de Diane (no 21)
Salle Ronde où l’on doit construire un pavillon (no 49)
Antisalle-C (no 20)

Le guide de Piganiol de La Force ne mentionne qu’une seule Salle Verte à l’est du mail : la Grande Salle Ronde, dénommée Salle des Six-Figures en 1711, 1722 et en 1730. Placées sur des socles en marbre rouge de Languedoc, les six sculptures qui y sont attestées en 1707 étaient encore là en 1722 : Silène (MR 343), Aristée (MR 1759), le Faune cymbalier de Giovanni Battista Foggini (MR 1852), la Minerve de Claude Bertin (MR 1760), une Minerve antique (MR 283) et une Dame romaine (MR 1924). Quatre d’entre elles provenaient du bosquet de la Salle des antiques, dont le démantèlement a eu lieu en juillet 170466. Journal de Dangeau, 1684-1720, t. X, p. 70. : Silène (MR 343), la Minerve antique (MR 283), le Faune cymbalier de Foggini (MR 1852) et la Dame romaine, dite aussi Uranie (MR 1924). À cet ensemble formé de deux œuvres antiques, d’une œuvre considérée comme telle, la Dame romaine, et d’une copie d’après l’antique, le Faune cymbalier, furent mêlées deux sculptures modernes de Bertin. La première, Aristée (MR 1759), datant de 1694, provenait de Marly, où elle est encore mentionnée en 1701 par le guide de Piganiol de La Force77. Piganiol de La Force, 1701, p. 387.. La date de son transfert à Versailles n’est pas connue. La seconde, Minerve (MR 1760), fut commandée pour Trianon : avec deux vases, elle fut encore rétribuée en 1711 à la veuve de l’artiste et il est alors précisé que les trois œuvres ont été placées « dans les jardins de Versailles et Trianon en 1704 et 170588. Comptes des Bâtiments du Roi, 1664-1715, t. V, col. 534. ».

En 1707, selon le guide de Piganiol de La Force, la Salle Ronde à Quatre-Niches, future Salle des Ormes-en-Boule ou des Boules-d’Ormes, comportait quatre sculptures : le Mercure (MR 1857) attribué à Pierre Franqueville, le Bacchus de Jean-Jacques Clérion (MR 192), un Bacchus antique (Vjs 116), un Petit Faune antique (Vjs 899). La première statue est en fait un Mercure de Dominique Lefebvre (MR 1857) d’après un modèle de Michel Anguier. Selon l’inventaire de 1707, qui décrit un état de peu antérieur au guide de Piganiol de La Force (dont l’édition de 1707 porte une approbation datée du 11 août), le Mercure de Lefebvre (MR 1857) vint remplacer le groupe de Mercure et Argus (Vjs 811), provenant du bosquet versaillais de la Salle des antiques. Les trois autres œuvres de la Salle Ronde à Quatre-Niches provenaient également du bosquet de la Salle des antiques : le Bacchus de Clérion (MR 192) et, aujourd’hui non localisées, les statues de Bacchus (Vjs 116) et du Jeune Faune (Vjs 899).

Encore plus à l’ouest, la Salle des Deux-Ronds (dite Salle des Deux-Vases-Blancs en 1711, puis Salle des Vases en 1730) était ornée en 1707 des deux vases de François Girardon provenant du parterre du Nord à Versailles : Le Triomphe de Téthys, dit aussi Le Triomphe de Vénus (MR 3003), et Le Triomphe de Galatée, dit aussi Cortège de Téthys et, plus tard, Le Triomphe d’Amphitrite (MR 3004). Postérieure à 1701, la date de leur transfert à Trianon n’est pas connue.

La plus grande Salle du dispositif, la Salle ovale Renfoncée-I (dite Salle des Grands-Portiques en 1711 et Salle des Portiques en 1730), se trouvait tout à l’ouest des jardins. Elle ne comprenait en 1707 qu’une seule œuvre, la Minerve Mazarin (MR 341), qui provenait peut-être du jardin du Roi à Trianon.

Revenant vers l’est, le guide de Piganiol de La Force mentionne ensuite un mystérieux « vase de granique » (Vjs 895) dans l’Antisalle-A de la Salle ovale99. Il n’est pas impossible que ce « vase de granique » corresponde à l’« urne couverte de marbre gris » inventoriée en 1707 à Trianon, sans précision de localisation (Inventaire des sculptures, 1707, p. 766).. Cette œuvre est attestée au même emplacement et désignée de la même façon sur le plan de Lepautre (fig. 1), qui la figure dans une échancrure au sud. La Salle ovale (future Salle ovale Renfoncée-II en 1711, puis Salle de Diane en 1730) ne contenait en 1707 aucune sculpture.

Les trois dernières Salles Vertes mentionnées par Piganiol de La Force en 1707 sont, plus au sud, la Salle Triangulaire, la Grande Salle Ronde-B (dite Salle de l’Enfant en 17111010. Cette salle est ainsi dénommée du fait de la présence de la fontaine de l’Amour assis sur un dauphin (inv. 1850.10045)., Salle des Quatre-Figures en 1722 et Salle de Flore en 1730) et la Grande Salle des Portiques (future Salle d’Atalante).

Quatre vases attribués à Bertin sont signalés dans la Salle Triangulaire : les deux Vases ornés de symboles bachiques, dus en fait à Jacques Grimault et à Simon Hurtrelle (MR 2975 et MR 2976), et les deux Vases à décor de branches de vigne et aux anses formées d’une tête de bélier (MR 2973 et MR 2974). Comme les vases de Girardon disposés dans la Salle Verte voisine, la première paire provenait du parterre du Nord à Versailles. La seconde faisait partie d’un ensemble de quatorze vases exécutés par Bertin pour la balustrade de l’Orangerie de Versailles à partir de 1686 au moins et transférés en 1692 à Marly. Peut-être installés à Trianon en 1703, les deux vases de Bertin ne sont curieusement pas cités dans l’inventaire de 1707, ce qui est le cas également des deux vases de Grimault et Hurtrelle1111. Grand état de la dépense ordinaire des Bâtiments du Roi, 1703, fol. 82v, article no 29 « Les huit autres piédestaux faits pour les vases des Salles du nouveau jardin dont quatre n’ont pas servy et ont été portez au magasin ont coûté par estimation cy… 1200 livres »..

Quatre statues ornaient la Grande Salle Ronde-B en 1707 : Cléopâtre (MR 1983), Une Naïade (Vjs 813), Flore (MR 1973) et une Dame romaine qui tient des pavots (MR 233). Elles provenaient toutes du bosquet versaillais de la Salle des antiques. Deux d’entre elles, la Dame romaine (MR 233) et Cléopâtre (MR 1983), sont représentées sur un dessin (fig. 4) montrant de même l’Amour assis sur un dauphin de Gaspard Marsy (inv. 1850.10045)1212. Agence des Bâtiments du roi, premier tiers du xviiie siècle, microfilm H 186647..
Enfin, la Grande Salle des Portiques, future Salle d’Atalante, servait d’écrin à la Diane de Dominique Lefebvre (MR 2013), qui fut placée à Trianon avant juillet 17031313. Comptes des Bâtiments du Roi, 1664-1715, t. IV, col. 946, paiement du 23 juillet 1703..

Jardins de Versailles - Vue partielle de la Grande Salle Ronde
fig. 4 - Agence des Bâtiments du roi, Vue partielle de la Grande Salle Ronde, 1713. Dessin. Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la photographie, FT 4-VA-424, microfilm H 186647 © Bibliothèque nationale de France

Les Salles Vertes après 1707

Cinq nouvelles Salles Vertes sont mentionnées par le plan de Lepautre (fig. 1) : la Salle des Deux-Vases Rouges (dite Salle des Deux-Vases en 1722 et Salle de Mercure en 1730) ; la Salle des Olives (future Salle des Empereurs) ; l’Antisalle-B (dite Salle d’Alexandre en 1730) ; la Salle ovale Renfoncée-II (dite Salle de Diane en 1730) et la Salle Ronde (dite Antisalle-C en 1730).

Seules deux de ces Salles ont accueilli des sculptures entre 1707 et 1711.
Située à l’est du mail sur lequel elle ouvrait directement, la Salle des Deux-Vases-Rouges est ainsi dénommée en 1711 en raison de la présence de « deux vases de marbre de couleur » aujourd’hui non localisés (Vjs 1172 et Vjs 1173), connus par la description de l’inventaire de 1722. Ces deux vases sont déjà situés à Trianon par l’inventaire de 1707, qui ne précise pas s’il s’agit des jardins : ils sont alors dits en marbre de Languedoc, qui est un marbre rouge.
C’est également après 1707 que la Salle ovale Renfoncée-II reçut la Diane de Lefebvre (MR 2013), qui provenait de l’ancienne Grande Salle des Portiques (dite Salle d’Atalante en 1711).

En 1711, après son départ pour la Salle des Grands-Portiques, la Diane de Lefebvre (MR 2013) laissa place à l’Atalante Mazarin (MR 1896), qui donna son nom à la Grande Salle des Portiques : la nouvelle appellation est attestée par le plan de Lepautre (fig. 1), qui ne situe toutefois pas l’œuvre, cette dernière n’étant pas encore installée au moment où Lepautre a travaillé. Provenant de la collection Mazarin, comme la Minerve de porphyre (MR 341), la statue antique d’Atalante avait été acquise par le roi en 1665 et placée en 1694 dans les jardins de Marly, qu’elle quitta en octobre 17101414. Inventaire des magasins des Bâtiments du Roi, 1710, p. 124, no 77.. En septembre 1711, le sculpteur Alexandre Rousseau fut rétribué « pour les ouvrages qu’il a faits au pieddestal [MR 2736] de la figure de l’Attalante antique [MR 1896] du jardin de Trianon1515. Comptes des Bâtiments du Roi, 1664-1715, t. V, col. 511. ».

Les Salles vertes après 1711

D’autres changements se produisirent après 1711. Ils sont connus par le plan datable de 1713-1714 (fig. 2), dont les données sont confirmées par l’inventaire de 1722.

Ainsi, de forme circulaire, l’Antisalle-B (dite Salle d’Alexandre en 1730) fut appelée à servir d’écrin au buste d’Alexandre, dit à tort de Caracalla (Vjs 852), porté sur une haute colonne de marbre (MR 1323) et provenant du bosquet versaillais de l’Étoile.
D’abord seulement ornée des œuvres éponymes, la Salle des Deux-Vases-rouges reçut après 1711 trois statues : une figure de femme antique (MR 1923), aujourd’hui non localisée, une figure antique (MR 326), identifiée plus tard à une représentation de Polymnie, et le Mercure de Lefebvre (MR 1857) qui provenait de la Salle Ronde des Quatre-Figures.
Dans cette dernière Salle, le Mercure de Lefebvre fut remplacé par le groupe de Mercure et Argus (Vjs 811) dont il avait pris la place en 1707. Après 1722, ce groupe n’est plus localisé.
L’Antisalle-A accueillit une statue réputée antique de femme (Vjs 1051), à ce jour non localisée mais connue par le descriptif de l’inventaire de 1722 (qui la situe par erreur dans la Salle des Grands-Portiques).
Dans l’Antisalle-A, le mystérieux « vase de granique » (Vjs 895) n’est plus attesté en 1722.

La Salle des Olives mentionnée par le plan de Lepautre (fig. 1) reçut le nom de Salle des Empereurs entre 1711 et 1722 quand elle fut ornée d’un ensemble de vingt bustes1616. Il n’est pas impossible que le paiement du 6 avril 1713 « à divers particuliers […] pour le remboursement des journées de Suisses et de voitures qui ont esté employez à transporter plusieurs bustes et escabellons de Versailles à Trianon en 1713 » se rapporte à l’aménagement de la Salle des Empereurs (Comptes des Bâtiments du Roi, 1664-1715, t. V, col. 678). : Néron jeune, dit à tort Géta (MR 2453), Faustine (Vjs 1143), Caracalla (MR 2335), Octavie (Vjs 1157), Démosthène (MR 2365), Pertinax (inv. 2012.00.1349), Sénèque (Vjs 1156), Diane (Vjs 1158), Caracalla (MR 444), Néron (MR 573), Auguste (Vjs 1147), Brutus (Vjs 1148), Caracalla, dit à tort Pyrrhus (MR 2617), un buste (Vjs 1150), Drusus (Vjs 1151), un homme (Vjs 1152), un homme (Vjs 1153), Albin (Vjs 1052), Antinoüs (Vjs 1154) et Galba (Vjs 1155).
Grâce aux descriptifs fournis par l’inventaire de 1707, il est permis d’établir qu’au moins neuf de ces bustes provenaient des jardins de Marly : Néron, Octavie, Démosthène, Pertinax, Diane, Brutus, Drusus, Albin et Antinoüs. Récemment identifiés, seuls cinq des vingt bustes de la Salle des Empereurs sont actuellement localisés : Néron (MR 573), Néron jeune, dit à tort Géta (MR 2453), Caracalla (MR 444), Démosthène (MR 2365) et Pertinax (inv. 2012.00.1349).

Comme le plan de Lepautre (fig. 1), le plan datable de 1713-1714 (fig. 2) permet de connaître l’emplacement précis des socles de chacune des œuvres, ainsi que des bancs disséminés dans les Salles Vertes.

Ce plan a pu être dressé peu de temps après 1713, date à laquelle le buste d’Alexandre, dit à tort de Caracalla (Vjs 852), est encore présent, on l’a vu, au bosquet versaillais de l’Étoile.
En outre, il fait mention du groupe en plâtre de Zéphyr et Flore : « F : Zéphire et Flore en plâtre sur un piédestal en plâtre et 4 petites figures antiques sur des piédestaux rouges. » Dû aux sculpteurs Philippe Bertrand et René Frémin, ce groupe (Vjs 1227) fut installé à Trianon en attendant l’arrivée de la version définitive en marbre dont l’élaboration apparaît pour la première fois dans les sources comptables en 17131717. Comptes des Bâtiments du Roi, 1664-1715, t. V, col. 695. Les mêmes Bertrand et Frémin furent rétribués, en janvier 1714, « pour les modelles de figures qu’ils ont fait en plâtre pour ledit jardin de Trianon » (ibid.) : il est possible qu’il s’agisse des figures du groupe de Zéphyr et Flore.. Dans la Salle de l’Enfant (dite Salle des Quatre-Figures en 1722), qui revêtit probablement alors aussi le nom de Salle de Flore, la version d’attente en plâtre occupa la place de l’Amour assis sur un dauphin de Gaspard Marsy (inv. 1850.10045), parti pour le jardin des Sources. Achevé en 1730 par le sculpteur Jacques Bousseau, le groupe en marbre (V.2022.1.2) ne fut pourtant jamais installé à Trianon : donné par Louis XV au marquis de Marigny en 1769, il passa à la fin du xixe siècle dans la collection Rothschild. Il est impossible de savoir combien de temps la version en plâtre resta en plein air.

Sculptures périphériques

Le mail est nommé allée Royale sur le plan de Lepautre de 1711 (fig. 1), ce qui permet d’ajouter au corpus des sculptures des jardins de Trianon les deux statues recensées par l’inventaire de 1707 « dans l’allée Royalle hors le jardin » : une Muse (Vjs 1239) et un Homme (Vjs 1240), qu’il est possible d’identifier à deux sculptures décrites par l’inventaire de 1722 en magasin à Marly, où elles ont été transférées avant 1711, puisqu’elles ne figurent pas sur le plan de Lepautre.

En périphérie des Salles Vertes, le plan de 1711 (fig. 1) et le plan datable de 1713-1714 (fig. 2) signalent quatre sculptures : deux statues (MR 1970 et MR 1971) à l’extrémité méridionale de l’allée Neuve, parallèle au mail1818. No 58-59 du plan de 1711 ; « N : Deux figures antiques sur piédestaux blancs » sur le plan datable de 1713-1714.  ; une statue (MR 1978) à l’extrémité septentrionale de cette même allée1919. No 61 du plan de 1711 ; « Z : Une figure antique sur un piédestal blanc » sur le plan datable de 1713-1714. ; une statue (MR 340) dans l’angle sud-ouest de l’allée du Pourtour2020. No 60 du plan de 1711 ; « O : Une figure antique sur un piédestal blanc » sur le plan datable de 1713-1714. .

Les deux statues (MR 1970 et MR 1971) de l’extrémité méridionale de l’allée Neuve sont décrites par l’inventaire de 1722. Ces deux œuvres sont déjà mentionnées par l’inventaire de 1707 au même emplacement. À une date inconnue, antérieure à 1787, elles ont été installées de part et d’autre du bassin du Plat-Fond2121. Description par Durameau, 1787, p. 171.. C’est là qu’elles ont été photographiées par Eugène Atget au début du xxe siècle. Leurs socles sont restés en place après leur dépose, à une date postérieure à 19252222. Elles sont encore attestées en place par Brunet, 1925, p. 61 (« deux éphèbes romains »).. Elles ont été récemment identifiées dans les réserves du musée national des châteaux de Versailles et de Trianon (MV 7497 et MV 7498).

La statue (MR 340) de l’angle sud-ouest de l’allée du Pourtour est décrite par l’inventaire de 1722 : il s’agit d’une figure d’homme. Cette œuvre est déjà mentionnée par l’inventaire de 1707 « proche le corps de garde » des gardes suisses. Probablement déplacée à l’extrémité de l’allée Neuve au moment où les deux statues précédentes ont été transférées au bassin du Plat-Fond, cette œuvre est encore attestée en 1925 dans les jardins de Trianon2323. Brunet, 1925, p. 61.. Seule la partie basse – terrasse et pieds jusqu’aux chevilles – en subsisterait aujourd’hui en réserve. Son piédestal circulaire est encore aujourd’hui à l’extrémité méridionale de l’allée Verte (ancienne allée Neuve).

La dernière œuvre (MR 1978) citée par l’inventaire de 1722 à Trianon est une « figure antique, vêtue à la romaine ». La statue est déjà recensée par l’inventaire de 1707, qui la situe simplement dans les jardins de Trianon. Encore mentionnée par le catalogue de Soulié en 1852 et photographiée par Atget au début du xxe siècle, elle a été retirée à une date inconnue, pour être mise en réserve, où elle a été récemment identifiée, en fragments2424. Soulié, 1852, p. 35.. Son piédestal de marbre blanc est demeuré en place, à l’extrémité septentrionale de l’allée Verte.

Le démantèlement des Salles Vertes

Daté de janvier 1775 et précédant la replantation, l’État des principaux objets faisant décoration dans le jardin de Trianon mentionne encore neuf Salles Vertes : la Salle des Six-Figures, la Salle des Empereurs, la Salle de Mercure, la Salle de Diane, la Salle d’Alexandre, la Salle Triangulaire, la Salle d’Atalante, la Salle des Portiques et la Salle des Deux-Vases2525. État des sculptures des jardins de Trianon, janvier 1775..

Au regard de la situation de 1722, la Salle des Deux-Vases (dite Salle de Mercure en 1730) a perdu un des deux vases non identifiés (Vjs 1172 et Vjs 1173) qui l’ornaient, tandis que la Salle des Ormes-en-boule (dite des Boules-d’Ormes en 1730), n’apparaît pas, non plus que la Salle des Quatre-Figures (dite de Flore en 1730) ni l’Antisalle-A.

En 1775, dix œuvres manquent donc à l’appel : le Faune de Clérion (MR 192), Mercure et Argus (Vjs 811), Bacchus (Vjs 116), Jeune faune (Vjs 899), Cléopâtre (MR 1983), Pomone, dite aussi Flore (MR 1973), Dame romaine qui tient des pavots (MR 233), la Naïade (Vjs 813), un Vase aux anses formées d’un mascaron (Vjs 1172) et la Femme (Vjs 1051).

Après la replantation, la situation des Salles Vertes est connue grâce au Nouveau Plan de Versailles publié par Contant de La Motte en 1783 et au Coup d’œil sur les peintures et sculptures qui décorent les châteaux, jardins, bosquets et fontaines de Versailles, Marly, Trianon et la Ménagerie rédigé en 1787 par Louis-Jacques Durameau2626. Description par Durameau, 1787, p. 167-170..
En 1783, seules subsistent la Salle des Six-Figures, la Salle Triangulaire, la Salle de Mercure et la Salle de Diane, où la Diane de Lefebvre (MR 2013) a été rejointe par les deux vases de Girardon – le Vase du Triomphe de Téthys, dit aussi d’Amphitrite ou de Vénus (MR 3003) et le Vase du Triomphe de Galatée (MR 3004) – provenant de la Salle des Deux-Vases disparue.
Selon un État des effets appartenant au roy que le sieur Ledreux a fait déposer du jardin de Trianon par les ordres de Monsieur Hazon, contrôleur du département, et fait enfermer dans un magasin tenant au mur de clôture dudit jardin du côté de chemin de Bailly, la Salle des Empereurs (avec ses vingt bustes) et la Salle d’Alexandre (avec son buste et sa colonne) ont été démantelées en novembre 17752727. État des effets déposés en novembre 1775 sur ordre de Hazon, 22 décembre 1775..

Le plan de 1783 montre que deux nouvelles Salles ont été créées dans la partie septentrionale des jardins, dont la Salle des Trois-Salons, pourvue de trois statues provenant de Versailles, qu’il est possible d’identifier grâce à l’état de Nicolas-François Dupré de 1785-1786 : Minerve (MR 1960), Vénus (MR 1995) et Dame romaine (MR 1935)2828. État des restaurations à faire aux sculptures en marbre des jardins de Versailles et Trianon par Dupré en 1785-1786..

Ainsi, en 1783, seulement dix-neuf sculptures sont disposées dans l’ensemble de ces Salles. Des quarante sculptures de 1775, il n’en reste plus que seize dans les Salles Vertes proprement dites.

Le second vase (Vjs 1173) de la Salle de Mercure a disparu sans laisser de traces, la Minerve Mazarin (MR 341) a été transférée à l’extrémité du bassin du Plat-Fond, l’Atalante Mazarin (MR 1896) au jardin des Sources : elles ont ensuite quitté les jardins de Trianon, la première en vertu d’une décision de 1797, la seconde entre 1850 et 1852, et sont aujourd’hui au musée du Louvre. En revanche, le piédestal de l’Atalante (MR 2736) est demeuré à Versailles, où il est en réserve (MV 7730bis ).

Par ailleurs, selon le plan de Contant de La Motte et le Coup d’œil de Durameau, vingt et un bustes, dont un (Vjs 852) – provenant de la Salle d’Alexandre – porté sur une colonne, sont présentés à l’amphithéâtre du jardin des Marronniers. Ce dernier est également dénommé Salle des Empereurs – il recueille en quelque sorte l’héritage de la Salle des Empereurs disparue. Pour autant, selon l’État et mémoire des entretiens annuels et des restaurations qui sont à faire […] ordonnés par M. le comte d’Angiviller […] au sieur Duprez, scupteur [sic] de Sa Majesté, dans le courrant des années 1785 et 1786, quatre de ces bustes sont en bronze2929. État des restaurations à faire aux sculptures en marbre des jardins de Versailles et Trianon par Dupré en 1785-1786..
Ce document donne la liste des dix-sept bustes en marbre : Alexandre le Grand (au sommet d’une colonne), Claudia, Mithridate, un Personnage inconnu, Antinoüs, Sénèque, Galba, Marc Aurèle, Démosthène, Géta, Agrippine, Caracalla, Auguste, Scipion, un second Personnage inconnu, à nouveau Caracalla, ainsi que Néron.
Neuf de ces bustes provenaient probablement de l’ancienne Salle des Empereurs : Antinoüs (Vjs 1154), Auguste (Vjs 1147), les deux Caracalla (MR 444 et MR 2335 ou MR 2617), Démosthène (MR 2365), Galba (Vjs 1155), Géta (MR 2453), Néron (MR 573) et Sénèque (Vjs 1156). Quant au buste d’Alexandre le Grand (Vjs 852), il provenait, nous l’avons vu, de la Salle d’Alexandre.

En décembre 1799, trois statues des Salles vertes furent choisies pour le musée du Louvre : dans la Salle des Six-Figures, Silène (MR 343) et Minerve (MR 283) et, dans la Salle de Mercure, la figure antique (MR 326)3030. Procès-verbaux du conseil d’administration du Musée central des arts, juin 1798-septembre 1800, p. 242-245 (séance du 6 décembre 1799), à la p. 244. Avant la fin de l’année, cette dernière, désormais désignée sous le nom de « Polymnie », était parvenue au Louvre3131. Procès-verbaux du conseil d’administration du Musée central des arts, juin 1798-septembre 1800, p. 254-255 (séance du 29 décembre 1799), à la p. 255..

En 1805, Louis-Pierre de Cubières, conservateur des monuments extérieurs des parcs de Versailles et de Trianon, rédigea un État des réparations à faire aux monumens des parcs de Versailles et de Trianon3232. État des réparations à faire dans les jardins de Versailles et de Trianon, 28 juillet 1805, article no 7. : il y signale la disparition de seize bustes à l’amphithéâtre du jardin des Marronniers, qui comptait alors vingt-cinq emplacements. La liste des neuf bustes subsistants est fournie par l’édition de 1804 du Cicerone de Versailles : Caracalla, Scipion, un second Caracalla, Agrippine, Géta, Démosthène, Une impératrice, Mithridate et Claude. Seuls les deux bustes de Caracalla et ceux de Géta et de Démosthène (voire peut-être celui d’Une impératrice) semblent les rescapés de l’ancienne Salle des Empereurs. L’inventaire de 1850 recense encore ceux de Géta (sous le no 9866), de Caracalla (sous le no 9863) et de Démosthène (sous le no 9869). Ces derniers (MR 2453, MR 444 et MR 2365) sont toujours en place : ils seraient ainsi les ultimes témoins, à Trianon, des œuvres en marbre ayant décoré les Salles Vertes.

Dans une lettre de 1815, Cubières revient sur les dommages subis par les sculptures de Versailles et de Trianon douze ans auparavant, en 18033333. Lettre du marquis de Cubières au comte de Blacas du 27 février 1815. : « À cette époque le parc de Versailles fut vivement attaqué par les militaires qui le parcouraient. On en mutilait les statues, on en brisait les vases, on en cassait les bancs, on volait les plombs des bassins. C’était une véritable destruction. À peu près dans le même temps, 23 statues furent enlevées au parc de Versailles et quatorze à celui de Trianon, ainsi que plusieurs vases et bustes, pour être transportés ailleurs. »

En 1811, l’architecte Guillaume Trepsat dressa la liste des sculptures manquantes, dont les socles étaient restés sur place, dans les jardins de Trianon3434. Liste de Trepsat du 7 mai 1811. : concernant les Salles Vertes, quatre statues ou vases (MR 2973, MR 2974, MR 2975 et MR 2976) avaient quitté la Salle des Platanes (Salle Triangulaire), deux vases (MR 3003 et MR 3004) la Salle de Diane, peut-être deux grands vases – attestés par aucune source – la Salle de la Table de marbre (une des nouvelles Salles Vertes, probablement celle qui figure à l’est de la Salle des Trois-Salons sur le plan de Contant de La Motte), deux statues (MR 283 et MR 343) la Salle des Douze-Ifs (Salle des Six-Figures), une statue la Salle de Mercure.

Des quatre vases ayant quitté la Salle Triangulaire, les deux vases de Bertin (MR 2973 et MR 2974) furent replacés sur la tablette de séparation entre les parterres haut et bas des jardins de Trianon. Ceux de Grimault et Hurtrelle (MR 2975 et MR 2976) furent installés sur les deux piédestaux faisant face au bassin du Plat-Fond3535. Recensement des sculptures des jardins de Versailles et de Trianon par Beaumont, 18 juin 1833. Dans son écrin de verdure, l’espace constitué par le bassin du Plat-Fond et son pourtour était assimilé à l’époque à une Salle Verte, comme l’attestent les appellations « Salle du Plat-Fond » en 1819 ou « bosquet du Plat-Fond » en 1833..
Les deux vases ayant quitté la Salle de Diane sont ceux de Girardon (MR 3003 et MR 3004), exposés à l’intérieur du château de Versailles, au sein du musée spécial de l’École française.
Quant aux deux statues de la Salle des Six-Figures, il s’agit de Minerve (MR 283) et de Silène (MR 343), dont la présence est attestée au musée du Louvre en 1802 et en 1804.

Publié en 1821, le plan de Charles Picquet représente six Salles Vertes : la Salle Ronde (ancienne Salle des Six-Figures), la Salle de Mercure, la Salle des Deux-Vases, la Salle Triangulaire et, dans la partie nord, la Salle de la Table et la Salle des Trois-Salons.

Cinq Salles Vertes sont encore mentionnées par le guide de Jean Vaysse de Villiers en 18273636. Vaysse de Villiers, 1827, p. 251-252..
La Salle Ronde, ancienne Salle des Six-Figures, est encore garnie de quatre statues : la Dame romaine (MR 1924), le Faune de Foggini (MR 1852) et, de Bertin, Minerve (MR 1760) et Aristée (MR 1759).
La Salle de Mercure présente le Mercure de Lefebvre (MR 1857) et une mystérieuse Dame romaine (MR 1923).
La Salle des Deux-Vases présente la Diane de Lefebvre (MR 2013).
De création plus récente, attestée par le plan de 1783, les deux autres Salles Vertes mentionnées par le guide de Vaysse de Villiers sont la Salle de la Table (dépourvue de sculpture) et la Salle des Trois-Salons. Cette dernière est alors ornée de trois statues : Minerve (MR 1960), Vénus Médicis (MR 1995) et Dame romaine (MR 1935).

Outre les dix sculptures mentionnées par Vaysse de Villiers, deux autres sculptures prirent place par la suite.
Sous le nom d’Hygie, Cléopâtre (MR 1983) fut provisoirement disposée, en 1829, dans l’ancienne Salle des Six-Figures, désormais connue sous le nom de Salle Ronde. Le départ des statues de Minerve (MR 283) et de Silène (MR 343) pour le Louvre en 1799 avait libéré deux piédestaux dans cette Salle.
De même, à propos de la statue de Cérès (MR 1908), provenant initialement comme Cléopâtre du bosquet de la Salle des antiques des jardins de Versailles, l’inventaire des Musées royaux de 1824, qui la recense sous le no 1908 et la situe en magasin à Versailles, porte aussi l’annotation, en surcharge, « Grand Trianon ». Il est probable que Cérès, restaurée en 1829, ait été placée à cette date-là dans la Salle Ronde, ancienne Salle des Six-Figures.

Ces douze sculptures figurent en 1833 dans un document rédigé par le sculpteur Jean-Baptiste Beaumont3737. Recensement des sculptures des jardins de Versailles et de Trianon par Beaumont, 18 juin 1833.. Quatre d’entre elles sont encore citées dans par une lettre de ce sculpteur au directeur des Musées royaux, Alphonse de Cailleux, en décembre 18443838. Lettre de Beaumont à Cailleux du 21 décembre 1844. : il s’agit alors de dresser la liste, non exhaustive, des sculptures susceptibles d’être transférées à Saint-Cloud.

Les douze dernières sculptures quittèrent Trianon entre 1833 et 1850.
Les deux statues de Dame romaine (MR 1923 et MR 1924), ainsi que la Vénus Médicis (MR 1995), gagnèrent le bosquet des Dômes, où elles sont attestées en 1850.
Les statues de Minerve (MR 1760) et d’Aristée (MR 1759) de Bertin, de même que les statues de Minerve (MR 1960) et de Flore (MR 1935), sont attestées en réserve en 18473939. Inventaire des magasins de sculpture de Versailles, 1846-1847..
Encore en place en 1844, le Faune de Foggini (MR 1852), le Mercure (MR 1857) et la Diane (MR 2013) de Lefebvre furent transférés dans les jardins de Saint-Cloud, où ils sont attestés en 18454040. Inventaire des sculptures des jardins du château de Saint-Cloud, 1845. Voir aussi Notice du palais de Saint-Cloud, 1845, p. 45-46 (Parterre de l’Orangerie). Ces statues sont visibles sur deux photographies du recueil d’Armand Schneider (Schneider, [1855-1870], no 11 et 12)..
Cléopâtre (MR 1983) et Cérès (MR 1908) furent installées au bosquet versaillais du Rond-Vert.

Évolution des Salles Vertes entre 1775 et 1845 :

1775 (avant la replantation)
Neuf Salles Vertes dotées de sculptures
Quarante sculptures
1783
Cinq Salles Vertes dotées de sculptures
Dix-neuf sculptures
1787
Cinq Salles Vertes dotées de sculptures
Dix-neuf sculptures
1811
Quatre Salles Vertes dotées de sculptures
Huit sculptures
1827
Quatre Salles Vertes dotées de sculptures
Dix sculptures
Salle des Six-Figures
Six statues (MR 343, MR 1759, MR 1852, MR 1760, MR 283 et MR 1924)
Salle des Six-Figures
Six statues (MR 343, MR 1759, MR 1852, MR 1760, MR 283 et MR 1924)
Quatre statues (MR 1759, MR 1852, MR 1760 et MR 1924)
Quatre statues (MR 1759, MR 1852, MR 1760 et MR 1924)
Salle de Mercure
Trois statues (MR 1923, MR 326 et MR 1857)
Un vase (Vjs 1173)
Trois statues (MR 1923, MR 326 et MR 1857)
Salle de Mercure
Trois statues (MR 1923, MR 326 et MR 1857)
Deux statues (MR 1923 et MR 1857)
Deux statues (MR 1923 et MR 1857)
Salle de Diane
Diane de Lefebvre (MR 2013)
Salle des Deux-Vases
Diane de Lefebvre (MR 2013)
Deux vases de Girardon (MR 3003 et MR 3004)
Salle des Deux-Vases
Diane de Lefebvre (MR 2013)
Deux vases de Girardon (MR 3003 et MR 3004)
Diane de Lefebvre (MR 2013)
Diane de Lefebvre (MR 2013)
Salle d’Alexandre
Un buste (Vjs 852)
Salle Triangulaire
Quatre vases (MR 2973, MR 2974, MR 2975 et MR 2976)
Quatre vases (MR 2973, MR 2974, MR 2975 et MR 2976)
Salle Triangulaire
Quatre vases (MR 2973, MR 2974, MR 2975 et MR 2976)
Salle d’Atalante
Une statue (MR 1896)
Salle des Portiques
Une statue (MR 341)
Salle des Deux-Vases (ancienne Salle des Vases)
Deux vases de Girardon (MR 3003 et MR 3004)
Salle des Deux-Piédestaux
Deux socles vacants
Salle des Trois-Salons
Trois statues (MR 1960, MR 1995 et MR 1935)
Salle des Trois-Salles
Trois statues (MR 1960, MR 1995 et MR 1935)
Salle de Minerve
Trois statues (MR 1960, MR 1995 et MR 1935)
Salle des Trois-Salons
Trois statues (MR 1960, MR 1995 et MR 1935)
1. Registre des ordres de Louis XIV à Hardouin-Mansart, 1699-1702, fol. 22v, 21 juillet 1699, et fol. 23, 1er août 1699.
2. Journal de Dangeau, 1684-1720, t. VII, p. 277, 21 mars 1700.
3. Piganiol de La Force, 1707, p. 380-383, et Piganiol de La Force, 1713, t. II, p. 223-226.
4. Inventaire des sculptures, 1722, p. 129-144. À la suite de la Salle des Grands-Portiques, l’inventaire de 1722 omet de nommer trois Salles : l’Antisalle de la Salle Ovale, la Salle Ovale Renfoncée et la Salle des Deux-Vases, laissant croire que les sculptures sont toutes disposées dans la Salle des Grands-Portiques.
5. Les Salles portant le même nom ont été distinguées : par des lettres pour les deux Grandes Salles Rondes ayant existé simultanément ; par des chiffres romains pour les deux Salles Ovales renfoncées successives.
6. Journal de Dangeau, 1684-1720, t. X, p. 70.
7. Piganiol de La Force, 1701, p. 387.
8. Comptes des Bâtiments du Roi, 1664-1715, t. V, col. 534.
9. Il n’est pas impossible que ce « vase de granique » corresponde à l’« urne couverte de marbre gris » inventoriée en 1707 à Trianon, sans précision de localisation (Inventaire des sculptures, 1707, p. 766).
10. Cette salle est ainsi dénommée du fait de la présence de la fontaine de l’Amour assis sur un dauphin (inv. 1850.10045).
11. Grand état de la dépense ordinaire des Bâtiments du Roi, 1703, fol. 82v, article no 29 « Les huit autres piédestaux faits pour les vases des Salles du nouveau jardin dont quatre n’ont pas servy et ont été portez au magasin ont coûté par estimation cy… 1200 livres ».
12. Agence des Bâtiments du roi, premier tiers du xviiie siècle, microfilm H 186647.
13. Comptes des Bâtiments du Roi, 1664-1715, t. IV, col. 946, paiement du 23 juillet 1703.
14. Inventaire des magasins des Bâtiments du Roi, 1710, p. 124, no 77.
15. Comptes des Bâtiments du Roi, 1664-1715, t. V, col. 511.
16. Il n’est pas impossible que le paiement du 6 avril 1713 « à divers particuliers […] pour le remboursement des journées de Suisses et de voitures qui ont esté employez à transporter plusieurs bustes et escabellons de Versailles à Trianon en 1713 » se rapporte à l’aménagement de la Salle des Empereurs (Comptes des Bâtiments du Roi, 1664-1715, t. V, col. 678).
17. Comptes des Bâtiments du Roi, 1664-1715, t. V, col. 695. Les mêmes Bertrand et Frémin furent rétribués, en janvier 1714, « pour les modelles de figures qu’ils ont fait en plâtre pour ledit jardin de Trianon » (ibid.) : il est possible qu’il s’agisse des figures du groupe de Zéphyr et Flore.
18. No 58-59 du plan de 1711 ; « N : Deux figures antiques sur piédestaux blancs » sur le plan datable de 1713-1714.
19. No 61 du plan de 1711 ; « Z : Une figure antique sur un piédestal blanc » sur le plan datable de 1713-1714.
20. No 60 du plan de 1711 ; « O : Une figure antique sur un piédestal blanc » sur le plan datable de 1713-1714.
21. Description par Durameau, 1787, p. 171.
22. Elles sont encore attestées en place par Brunet, 1925, p. 61 (« deux éphèbes romains »).
23. Brunet, 1925, p. 61.
24. Soulié, 1852, p. 35.
25. État des sculptures des jardins de Trianon, janvier 1775.
26. Description par Durameau, 1787, p. 167-170.
27. État des effets déposés en novembre 1775 sur ordre de Hazon, 22 décembre 1775.
28. État des restaurations à faire aux sculptures en marbre des jardins de Versailles et Trianon par Dupré en 1785-1786.
29. État des restaurations à faire aux sculptures en marbre des jardins de Versailles et Trianon par Dupré en 1785-1786.
30. Procès-verbaux du conseil d’administration du Musée central des arts, juin 1798-septembre 1800, p. 242-245 (séance du 6 décembre 1799), à la p. 244.
31. Procès-verbaux du conseil d’administration du Musée central des arts, juin 1798-septembre 1800, p. 254-255 (séance du 29 décembre 1799), à la p. 255.
32. État des réparations à faire dans les jardins de Versailles et de Trianon, 28 juillet 1805, article no 7.
33. Lettre du marquis de Cubières au comte de Blacas du 27 février 1815.
34. Liste de Trepsat du 7 mai 1811.
35. Recension des sculptures des jardins de Versailles et de Trianon par Beaumont, 18 juin 1833. Dans son écrin de verdure, l’espace constitué par le bassin du Plat-Fond et son pourtour était assimilé à l’époque à une Salle Verte, comme l’attestent les appellations « Salle du Plat-Fond » en 1819 ou « bosquet du Plat-Fond » en 1833.
36. Vaysse de Villiers, 1827, p. 251-252.
37. Recension des sculptures des jardins de Versailles et de Trianon par Beaumont, 18 juin 1833.
38. Lettre de Beaumont à Cailleux du 21 décembre 1844.
39. Inventaire des magasins de sculpture de Versailles, 1846-1847.
40. Inventaire des sculptures des jardins du château de Saint-Cloud, 1845. Voir aussi Notice du palais de Saint-Cloud, 1845, p. 45-46 (Parterre de l’Orangerie). Ces statues sont visibles sur deux photographies du recueil d’Armand Schneider (Schneider, [1855-1870], no 11 et 12).