Alexandre Maral, avec la collaboration de Cyril Pasquier
Les catalogues raisonnés d'inventaire de collection de musée produits par la RMN-GP
Logotype du château de Versailles
Introduction Introduction

Introduction

La collection des sculptures des jardins de Versailles et de Trianon a été formée, à l’initiative de Louis XIV et de son administration de la Surintendance des Bâtiments du roi, par campagnes successives de commandes et, dans un certain nombre de cas, d’achats ou de transferts d’œuvres provenant d’autres résidences royales.
De grands ensembles ont été ainsi définis, tels que les œuvres apolliniennes des années 1660, le bestiaire du Labyrinthe à partir de 1673, la Grande Commande de 1674, le bosquet des Dômes à partir de 1676, le programme du parterre d’Eau dans sa version de 1683, l’allée Royale en 1686-1687, les copies d’antiques, les termes, les vases, les Salles vertes de Trianon à partir de 1700, etc.

En 1722, date de la livraison de la dernière œuvre commandée du vivant de Louis XIV, le nombre de sculptures des jardins de Versailles et de Trianon dépassait le millier : reliefs, groupes, statues, termes, bustes, vases exécutés dans des matériaux aussi divers que la pierre, le plomb, le marbre et le bronze.

Sous le règne de Louis XV, les œuvres continuèrent à être déplacées au gré des changements de goût et des nécessités de l’aménagement des bosquets, tandis qu’une nouvelle réalisation d’envergure, le bassin de Neptune, donna lieu à la création de sculptures appartenant au style nouveau.

À partir des années 1770, de sérieuses atteintes furent en revanche portées au patrimoine constitué depuis la création de Versailles : démantèlement d’ensembles, disparitions d’œuvres et mauvais entretien des sculptures caractérisent cette période noire, marquée aussi par l’arrivée de nouvelles œuvres, mais de moindre qualité.

Gestion des œuvres

Sous le règne de Louis XIV, l’entretien des sculptures des jardins fut confié aux sculpteurs Claude Bertin (1650-1705) et Jean Hardy (1653-1737)11. Bertrand, 2016..
À partir de 1736, la charge fut exercée par le sculpteur Louis Pajot (1659 ou 1660-1750), puis par Jules-Antoine Rousseau (1710-1782), assisté par ses deux fils, Jules-Hugues Rousseau (1743-1806) et Jean-Simon Rousseau (1747-après 1822).
Par ailleurs, entre 1751 et 1777, le sculpteur Nicolas Casana est régulièrement cité par les sources comptables pour des travaux d’entretien sur les sculptures des jardins.
À partir de 1779 se succèdent les sculpteurs Yves-Éloi Boucher (1738-1782), Nicolas-François Dupré (1729-1787), Claude Dejoux (1732-1816) et, à partir de 1792, Amable Boichard (mort en 1832). Dejoux en 1793, puis Boichard l’année suivante, furent chargés de supprimer les emblèmes de la royauté présents sur les sculptures.

L’entretien régulier des vernis couleur de bronze et, pour le Labyrinthe, de la polychromie des sculptures en plomb fut parallèlement confié à la dynastie des peintres Bailly, qui assumèrent cette charge de père en fils jusqu’à la Révolution22. Bertrand, 2016. : Jacques Bailly (mort en 1679), Nicolas Bailly (1659-1736), Jacques II Bailly (1701-1768) et Jean-Sylvain Bailly (1736-1793), ce dernier élu maire de Paris en 1789.
Un document non daté, dressé vers 1750, donne la liste des bassins et bosquets dont il est prévu d’entretenir chaque année, au moins au mois de mai, le vernis couleur de bronze des sculptures en plomb33. Devis et conditions pour entretien de la couleur de bronze, vers 1750. : la Pyramide, le Bain des nymphes, les bassins des Couronnes, les quatre bassins des Saisons (figures et ornements), le bassin de Latone, les bassins des Lézards, le bassin d’Apollon, les Chevaux marins, le bassin de Neptune, le bosquet de la Salle de bal, le bosquet de l’Encelade, ainsi que les sculptures en plomb des jardins de Trianon.
Ce même document précise le procédé du vernis couleur de bronze : « Une impression d’huile de noix mêlée avec de l’ocre jaune, de la mine et litrage […] ; de la bronze rouge ensuite, et vernis à l’esprit-de-vin par-dessus. »

De 1795 à 1812, le sculpteur Louis-Jacques Pilon (né en 1741) est mentionné au titre de l’entretien et de la restauration des sculptures extérieures. Lui succédèrent Jean-François Lorta (1752-1837) et, de 1823 à 1848, Jean-Baptiste Beaumont (1768-1852). Après une vacance de poste de deux ans, le sculpteur Pierre Pons (1806-1869) est cité jusqu’en 1869. Après cette date, plus aucun restaurateur attitré ne devait figurer au sein des effectifs du château.
L’atelier de restauration des sculptures du château a été recréé en 2010. Placé sous l’autorité du conservateur chargé des sculptures, son responsable est Sébastien Forst, restaurateur ayant eu l’occasion d’intervenir sur les sculptures depuis 2000.

La création du muséum de Versailles, en 1796, entraîna la nomination d’un conservateur chargé des sculptures44. Champy, 2010 ; Perrier, 2013.. Le premier titulaire fut le sculpteur Philippe-Laurent Roland (1746-1816). Il fut remplacé dès 1797 par le sculpteur Robert-Guillaume Dardel (1749-1821).
Ouvert en mars 1797, le musée spécial de l’École française intégra dans ses collections les sculptures des jardins de Versailles et de Trianon.
À Dardel, maintenu dans ses fonctions jusqu’en 1798, succéda le peintre Joseph-Siffrein Duplessis (1725-1802), qui s’intéressa à de nouveaux procédés de restauration55. Maral, 2008-1.. Louis-Pierre de Cubières (1747-1821) succéda à Duplessis. Le cinquième titulaire fut le chevalier de Fleury.

De 1848 à 1954, aucun conservateur ne fut spécifiquement attaché aux sculptures. Ces dernières furent donc placées sous la responsabilité directe du conservateur du musée de Versailles : Théodore Salmon (1811-1876) de 1848 à 1850, Eudore Soulié (1817-1876) de 1850 à 1876, Louis Clément de Ris (1820-1882) de 1876 à 1882, Charles Gosselin (1833-1892) de 1882 à 1892, Pierre de Nolhac (1859-1936) de 1892 à 1920, André Pératé (1862-1947) de 1920 à 1932, Gaston Brière (1871-1962) de 1932 à 1938, Pierre Ladoué (1881-1973) de 1938 à 1941, Charles Mauricheau-Beaupré (1889-1953) de 1941 à 1953 et Gérald Van der Kemp (1912-2001) de 1953 à 1967.

En vertu de l’arrêté du 9 septembre 1889, le conservateur du musée de Versailles est chargé de l’entretien de toutes les sculptures des jardins, à l’exception de celles qui décorent les façades du palais et de celles qui sont partie intégrante d’un dispositif de fontainerie. Ces dernières sont confiées à l’architecte du palais, qui s’occupe aussi de l’entretien des socles.
À la fin du xixe siècle et au début du xxe siècle, les sculptures intégrées à un dispositif de fontainerie – notamment le bassin de Neptune et le bassin du Dragon, les bassins de Trianon, deux des bassins des Saisons et le bassin d’Apollon – subirent de lourdes campagnes d’intervention, dénoncées dans la presse66. Hovelaque, 1897 ; Hepp, 1907..

Malgré le texte de 1889, de nombreux conflits de compétences entre le conservateur et l’architecte allaient émailler la période.
Le premier architecte qui s’intéressa vraiment aux sculptures en marbre des jardins fut Alfred Leclerc (1843-1915), architecte du domaine de Versailles de 1881 à 1887. Parmi ses successeurs, Marcel Lambert (1847-1928), en fonction de 1888 à 1912, Benjamin Chaussemiche (1864-1945), Patrice Bonnet (1879-1964) et Marc Saltet (1906-2008) se signalèrent également dans ce domaine.
Les sculptures en marbre n’échappèrent pas aux interventions menées par des prestataires et, dans bien des cas, ne réunissant pas les qualifications nécessaires77. Emlein-Nau, 2006.. Ainsi, le nettoyage des œuvres fut confié aux entreprises Thomas et Harrison, Bénezech, La Peinture Parisienne, Luxolithe ou encore Vacuum Cleaner.

D’octobre 1939 à juin 1940, dans le cadre de la défense passive, la plupart des sculptures des jardins – marbre et bronze – furent transportées sur les terrains de l’abbaye des Vaux-de-Cernay. Certaines d’entre elles, notamment les œuvres en plomb, furent protégées sur place. Un certain nombre de termes, en particulier ceux des bosquets des Quinconces, furent abrités dans des fosses. Plusieurs vases, entre autres ceux de l’allée Royale, furent entreposés à l’intérieur de l’Orangerie.

De 1954 à 1963, Jean Coural, conservateur au musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, fut amené à s’intéresser aux sculptures. En 1966, Simone Hoog fut nommée conservateur chargé des sculptures. Elle exerça cette fonction jusqu’en 1999. De 1999 à 2004, Claude Vandalle lui succéda. Depuis 2005, le titulaire du poste est Alexandre Maral. Il a été rejoint en 2016 par un second conservateur, Lionel Arsac.
Concernant les sculptures des jardins, la période inaugurée par l’arrivée de Simone Hoog fut celle d’une reprise en mains des chantiers de restauration des œuvres dépendant des collections muséales88. Hoog, 1985.. En 1975, avec l’aide du Centre expérimental de recherches et d’études du bâtiment et des travaux publics et du Laboratoire de recherche des monuments historiques, un nouveau protocole d’intervention fut mis au point pour les sculptures en marbre : les traitements abrasifs et les campagnes d’encaustiquage à la cire furent remplacés par des brossages légers, l’emploi de fongicides à base d’ammonium quaternaire, de consolidants et d’hydrofuges. Depuis 1982, les sculptures sont en outre protégées par des housses hivernales.
L’étude d’ensemble confiée en 2001 au restaurateur Olivier Rolland a permis de dresser un bilan sanitaire de la collection. C’est sur la base de cette étude qu’une nouvelle campagne de restauration a permis de traiter toutes les œuvres entre 2005 et 2012. Depuis lors, leur entretien est assuré par une équipe de restaurateurs dont l’action est coordonnée par le responsable de l’atelier de restauration des sculptures de Versailles.

Par ailleurs, depuis le xviiie siècle, la mise à l’abri des sculptures les plus précieuses des jardins de Versailles est l’objet d’un débat99. Maral, 2008 ; Maral, 2012-2.. Un certain nombre d’œuvres sont transférées au musée du Louvre de 1797 à 1934 : la plupart des sculptures antiques, les groupes de Puget, la Nymphe à la coquille de Coysevox, etc. En 1955, le groupe de L’Enlèvement de Proserpine de Girardon, également mis à l’abri, reste à Versailles. Depuis lors, les œuvres mises à l’abri ne quittent plus Versailles. Depuis 2008, la mise à l’abri des chefs-d’œuvre sculptés fait l’objet d’une campagne systématique visant à transmettre aux générations à venir la part la plus belle de l’héritage laissé par Louis XIV. Remplacées par des répliques obtenues selon le procédé du moulage par prise d’empreinte directe, les œuvres originales sont exposées à l’intérieur du château ou de la Petite écurie du roi, en attendant de pouvoir être présentées dans les espaces du rez-de-chaussée de l’aile du Midi.

En 2021, l’ensemble des sculptures des jardins de Versailles et de Trianon représente 678 œuvres.

623 sculptures sont dans les jardins de Versailles :

  • 419 œuvres en marbre (18 groupes, 83 statues, 39 termes, 12 bustes, 32 mascarons, 96 vases, 76 reliefs, 31 vasques, 32 pots-à-feu) ;
  • 106 œuvres en bronze (50 groupes, 8 statues, 4 mascarons, 44 vases) ;
  • 95 œuvres en plomb (18 groupes, 2 statues, 24 mascarons, 30 vases, 8 torchères, 13 reliefs) ;
  • 3 œuvres mixtes : 2 en marbre et bronze et 1 en marbre et plomb.

55 sculptures sont dans les jardins de Trianon :

  • 32 œuvres en marbre (3 statues, 29 bustes)
  • 2 œuvres en bronze (2 groupes)
  • 20 œuvres en plomb (3 statues, 14 groupes, 2 vases, 1 ensemble composite)
  • 1 œuvre mixte en bronze et plomb.

En 2021, des 419 œuvres en marbre des jardins de Versailles, 2 sont remplacées par des copies en marbre, 80 (en comptant les groupes de Puget) par des répliques. Les originaux de marbre mis à l’abri depuis 1955 sont présentés à l’intérieur de l’Orangerie, du château ou de la Petite écurie.

Le projet du catalogue

Les sculptures des jardins de Versailles et de Trianon forment un ensemble de tout premier plan dans l’histoire de l’art, tant par le nombre d’œuvres commandées et rassemblées sous le règne de Louis XIV que par la qualité des sculptures.

Curieusement, cet ensemble n’avait jamais fait l’objet d’un catalogue. Plusieurs raisons peuvent être invoquées pour expliquer ce paradoxe :

  • les œuvres dont il est question sont liées au goût d’un souverain souvent jugé despotique, ou tout au moins capricieux ; elles refléteraient ainsi une personnalité qui, pendant longtemps, n’a guère intéressé le monde de l’histoire de l’art ;
  • longtemps aussi, le système académique mis en place par Louis XIV, ce vivier d’artistes dans lequel le chantier de Versailles a largement puisé, a été mal jugé par l’histoire de l’art1010. Sabatier, 1999, p. 9-43. ;
  • de manière plus générale, du moins en France, l’étude de la sculpture est en retard au regard de celle des arts jugés plus « nobles » depuis au moins Vasari, le dessin et la peinture ;
  • l’attention des historiens de l’art est souvent attirée vers des ensembles d’œuvres mis en valeur par les conservateurs qui en ont la responsabilité, ce qui n’a pas été le cas à Versailles, où les sculptures des jardins ont subi de longues périodes de négligence alternant avec des traitements inadaptés, voire traumatisants1111. Maral, 2008 ; Maral, 2008-1. ;
  • enfin, la complexité de cet ensemble, formé d’œuvres qui ont beaucoup bougé au cours de leur histoire, a pu décourager son étude.

Ce catalogue a été entrepris en 2005.

Il vient étoffer une série de publications portant sur des ensembles d’œuvres de Versailles :

  • la monographie sur la galerie des Batailles : Thomas Gaehtgens, Versailles, de la résidence royale au musée historique, Paris, Albin Michel, 1984 ;
  • le catalogue sommaire des peintures du musée : Claire Constans, Musée national du château de Versailles. Les peintures, 3 vol., Paris, Réunion des Musées nationaux, 1995 ;
  • le catalogue sommaire des sculptures du musée : Simone Hoog, avec la collaboration de Roland Bossard, Musée national du château de Versailles. Les sculptures, t. I, Le Musée, Paris, Réunion des Musées nationaux, 1993 ;
  • le catalogue raisonné des pastels du musée : Xavier Salmon, Musée national du château de Versailles. Les pastels, Paris, Réunion des Musées nationaux, 1997 ;
  • le catalogue des plus beaux dessins du musée : Xavier Salmon, Trésors cachés. Chefs-d’œuvre du cabinet d’Arts graphiques du château de Versailles, Paris, Somogy, 2001 ;
  • la monographie sur les salles des Croisades : Claire Constans et Philippe Lamarque, Les Salles des Croisades, château de Versailles, Doussard, éditions du Gui, 2002 ;
  • le catalogue des plus beaux éléments mobiliers des xviie et xviiie siècles du musée : Pierre Arizzoli-Clémentel et Daniel Meyer, Le Mobilier de Versailles, xviie et xviiie siècles, 2 vol., Dijon, Faton, 2002 ;
  • la base en ligne des sculptures liées à l’architecture du château et de ses dépendances : Béatrix Saule, Versailles. Décor sculpté extérieur [en ligne], Paris, Réunion des Musées nationaux, 2005 ;
  • le catalogue des décors peints des Grands Appartements : Nicolas Milovanovic, Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon. Les Grands Appartements de Versailles sous Louis XIV. Catalogue des décors peints, Paris, Réunion des Musées nationaux, 2005 ;
  • la monographie sur la Grande Galerie : La Galerie des Glaces. Histoire et restauration, Dijon, Faton, 2007 ;
  • la base en ligne du décor peint de la Grande Galerie : Nicolas Milovanovic, Versailles. La Galerie des Glaces. Catalogue iconographique [en ligne], Paris, Réunion des Musées nationaux, 2008 ;
  • le catalogue des plus beaux éléments mobiliers du xixe siècle du musée : Pierre Arizzoli-Clémentel et Jean-Pierre Samoyault, Le Mobilier de Versailles. Chefs-d’œuvre du xixe siècle, Dijon, Faton, 2009 ;
  • la monographie sur le Grand Trianon : Jérémie Benoît, Le Grand Trianon. Un palais privé à l’ombre de Versailles, de Louis XIV à Napoléon et de Louis-Philippe au général de Gaulle, Lathuile, éditions du Gui, 2009 ;
  • la monographie sur l’opéra royal : Jean-Paul Gousset et Raphaël Masson, Versailles. L’Opéra royal, Paris, Artlys, 2010 ;
  • la monographie sur la chapelle royale : Alexandre Maral, La Chapelle royale de Versailles. Le dernier grand chantier de Louis XIV, Paris, Arthena, 2011.

Dans son premier projet, ce catalogue devait former le second tome du catalogue des sculptures.
Sur le plan formel, il ambitionnait de s’inscrire dans le sillage du catalogue raisonné des pastels.
Du fait de l’abondance des notices et d’une évolution de la politique éditoriale de la Réunion des Musées nationaux, il a semblé plus raisonnable de s’orienter vers une base en ligne.

Ce changement a permis d’inscrire ce catalogue dans la filiation de la base en ligne des sculptures liées à l’architecture du château et de ses dépendances :

  • par son approche topographique ;
  • par le contenu des notices, qui l’apparente à un catalogue semi-raisonné.
  • Stimulée en quelque sorte par l’outil informatique, l’attention s’est ainsi portée sur l’historique de la mise en place et des mouvements des œuvres.

    Étudiés dans le cadre de l’élaboration de ce catalogue, les aspects stylistiques et iconographiques ont fait l’objet de commentaires publiés sur d’autres supports, essentiellement :

    • les deux contributions au recueil Versailles, sous la direction de Pierre Arizzoli-Clémentel, 2 vol., Paris, Citadelles et Mazenod, 2009 : « Un palais dédié à la sculpture » (t. I, p. 164-203) et « La sculpture en ses jardins » (t. I, p. 216-239).
    • La Grande Commande de 1674. Chefs-d’œuvre sculptés des jardins de Versailles sous Louis XIV, Montreuil, Gourcuff Gradenigo, 2013.
    • Achille, Apollon, Diane, Jupiter, Vénus… Parcours mythologique dans les jardins de Versailles, Paris, Artlys, 2012.
    • Le Versailles de Louis XIV. Un palais pour la sculpture, Dijon, Faton, 2013.
    • François Girardon (1628-1715). Le sculpteur de Louis XIV, Paris, Arthena, 2015.
    • Antoine Coysevox : le sculpteur du Grand Siècle, Paris, Arthena, 2020.

    Ainsi, ce catalogue est avant tout conçu comme un instrument de travail destiné à fournir aux historiens et amateurs de Versailles et de la sculpture le maximum de données documentaires.

Principes d’organisation du catalogue : notices et chapeaux

Le principe d’organisation de ce catalogue est donc topographique. Dans la rubrique « outils », le plan de l’état actuel des jardins permet d’accéder à l’historique d’occupation des socles qui renvoie directement aux notices d’œuvre.

Outre les œuvres en place (596 notices) – originaux, copies et répliques – en 2021, le catalogue prend en compte les nombreuses œuvres qui ont orné les jardins de Versailles, aujourd’hui délocalisées (566) : disparues (283), mises à l’abri (185),  conservées ailleurs qu’à Versailles (90) ou attestées, mais non situées, dans les jardins de Versailles ou de Trianon (8).

Un ensemble comportant plusieurs éléments sculptés (comme c’est le cas pour la plupart des bassins) est l’objet d’une seule notice :

  • si l’œuvre est entièrement due à un seul artiste (ou à deux sculpteurs associés, les frères Gaspard et Balthasar Marsy, dans le cas du bassin de Latone) ;
  • si l’œuvre a été remaniée ou complétée conformément au programme d’origine (y compris par un autre sculpteur, comme dans le cas du bassin de Latone, enrichi par Claude Bertin).

Les éléments sculptés d’un même modèle et appartenant à une série sont l’objet d’une seule notice : parmi les œuvres actuellement en place dans les jardins, il s’agit des 28 vasques et des 32 pots-à-feu du couronnement du bosquet de la Colonnade et des 12 vases de la rampe occidentale du parterre du Nord.

Une œuvre comportant plusieurs éléments sculptés dont certains ont été remployés ailleurs (comme c’est le cas des éléments secondaires des bassins des Saisons) fait l’objet d’autant de notices séparées qu’il y a d’éléments physiquement disjoints.

S’ils sont dus à des artistes différents, les éléments sculptés d’un ensemble sont chacun l’objet d’une notice séparée. C’est le cas pour :

  • les reliefs du Bain des nymphes ;
  • les reliefs de la balustrade du bosquet des Dômes ;
  • les écoinçons et les mascarons du bosquet de la Colonnade ;
  • les vases, les mascarons et les groupes du bassin de Neptune.

Lorsqu’ils sont eux-mêmes sculptés, les socles sont mentionnés avec la sculpture qu’ils supportent ou qu’ils ont supportée.

Les sculptures déjà prises en compte par le catalogue Versailles. Décor sculpté extérieur ne font pas partie du présent corpus : il s’agit des 4 groupes des piliers de l’Orangerie, des 4 corbeilles de fleurs et de fruits et les 24 vases de fleurs et de fruits disposés sur les allées des Cent-Marches, ainsi que des 2 groupes des piliers de la grille de Neptune.

De même, ne sont pas catalogués les éléments sculptés de ce qui pourrait s’apparenter à des fabriques de jardins : la grotte de Téthys (dont les éléments sculptés extérieurs ont été étudiés dans le catalogue du Décor sculpté extérieur), la fontaine de l’arc de triomphe du bosquet du même nom, les pavillons du bosquet des Dômes, les baldaquins du deuxième bosquet des Bains d’Apollon, le pavillon du jardin du Dauphin et, dans les jardins du Petit Trianon, le pavillon français et les fabriques du jardin anglais (dont les éléments sculptés extérieurs ont été examinés dans le catalogue Versailles. Décor sculpté extérieur).

Conservés ou connus seulement par des mentions, les éventuels bozzetti et modelli des sculptures des jardins n’ont pas été retenus pour le catalogue1212. Leur liste a été publiée dans Maral, 2012-1, aux p. 79-81. Aux œuvres mentionnées par cette étude, on peut ajouter les douze œuvres préparatoires suivantes :
les quatre termes en terre cuite de Poussin attestés dans la collection Avila en 1657 (Catalogue d’exposition, Nicolas Poussin, 1994, p. 57) ;
la statuette en terre cuite du Satyre tenant une grappe de raisin mentionnée par Georges Guillet de Saint-Georges en 1690 (Conférences de l’Académie royale de peinture et de sculpture, 1648-1792, t. II, vol. 1, p. 294, conférence de Guillet de Saint-Georges du 7 octobre 1690) ;
le groupe d’Apollon servi par les nymphes de Girardon et Regnaudin, transcription en bronze d’un modèle préparatoire en terre, aujourd’hui conservé à Dresde (Maral, 2015, p. 80-81) ;
la statuette en terre cuite du Point du jour de Gaspard Marsy, mentionnée dans l’inventaire après décès du sculpteur (Souchal, 1977-1993, t. III, 1987, p. 61 et 70) ;
la statue en plâtre de L’Afrique, modèle, peut-être à grandeur, de Gaspard Marsy destiné à être confié à Sibrayque et mentionné dans l’inventaire après décès de Gaspard Marsy (Souchal, 1977-1993, t. III, 1987, p. 59 et 70) ;
le groupe en plâtre de Deux tritons de Michel Monier signalé dans son inventaire après décès comme modèle préparatoire pour le bassin de Neptune (Inventaire après décès de Monier, 30 décembre 1686) ;
le groupe en terre cuite de Trois enfants avec des guirlandes de fleurs de Michel Monier signalé dans son inventaire après décès comme modèle préparatoire pour un groupe du parterre d’Eau (Inventaire après décès de Monier, 30 décembre 1686) ;
les deux petits groupes en plâtre du Génie conduisant un dragon marin de Bouchardon, conservés en collection particulière à Fullerö en Suède (Catalogue d’exposition, Edme Bouchardon, 2016, p. 308-311).
, non plus que les modèles à grandeur.

La version d’attente en plâtre d’une sculpture ne fait pas l’objet d’une notice distincte lorsqu’elle a été remplacée par une version définitive en marbre ou en métal.

En revanche, lorsque la version d’attente en plâtre d’une sculpture n’a pas été suivie par une version définitive en marbre et qu’elle a été placée, à titre provisoire, dans les jardins, elle fait l’objet d’une notice propre. Cet ensemble représente 13 notices.

Le catalogue se compose donc de 1 162 notices, dont 16 concernent des œuvres exécutées pour Versailles et pour Trianon, mais qui n’y ont jamais pris place (y compris les œuvres dont l’exécution n’a pas été menée à terme, voire qui sont restées à l’état de modèles à grandeur).

Chaque notice comporte :

  • le nom de l’auteur ;
  • le ou les titres, le titre ancien, sous lequel l’œuvre est désignée au moment de sa mise en place à Versailles, étant privilégié ;
  • la technique, à propos de laquelle il convient d’observer la distinction fondamentale entre relief et ronde-bosse ; cette dernière catégorie comprend le groupe – formé de deux ou plusieurs figures concourant à une même action –, la statue – ou figure, parfois accompagnée d’un animal servant d’attribut –, le terme et le buste ; le vase forme une catégorie à part ;
  • le numéro d’inventaire (MR pour Musées Royaux ; inv. LP pour Louis-Philippe ; inv. 1850 ; inv. 1857 ; MV pour Musée de Versailles ; inv. provisoire pour une œuvre pour laquelle aucun autre numéro n’a pu être identifié et pour les répliques) ; une œuvre disparue et pour laquelle aucun numéro d’inventaire n’a pu être identifié ne possède qu’un numéro de notice ;
  • la ou les dates d’exécution ;
  • la matière ;
  • les dimensions, qui ont été intégralement prises ou vérifiées lors du récolement décennal de 2005 ; lorsque l’œuvre a disparu, les dimensions sont indiquées à partir des sources anciennes ;
  • les éventuelles inscriptions ;
  • la transcription des descriptifs anciens les plus fiables : ceux fournis par les inventaires de 1707 et de 1722 et, pour les œuvres en plomb, par l’inventaire datable de 1706-1708 ; dans certains cas, ceux donnés par l’inventaire de 1686, par le guide d’André Félibien (1674), par celui de Combes (1681), par les différentes éditions du guide de Jean-Aymar Piganiol de La Force (1701, 1707, 1713, 1717, 1724, 1730, 1738, 1751 et 1764), le cas échéant par le Mercure de France ;
  • l’historique comprend : la mention et l’analyse des sources comptables, qui permettent de mieux cerner la date d’exécution et d’installation de l’œuvre à Versailles – sachant que la date du paiement ne correspond pas nécessairement à celle des travaux, alors que le libellé signale souvent si le travail est en cours ou achevé – ; dans le cas des sculptures en métal, le paiement relatif au traitement de surface permet de déduire la date d’achèvement de l’œuvre ; s’il y a lieu, les localisations successives de l’œuvre ; le cas échéant, les interventions anciennes les plus importantes, celles qui ont porté sur la structure de l’œuvre ;
  • les sources manuscrites, y compris les sources manuscrites récemment publiées ;
  • les sources figurées, correspondant aux représentations anciennes des œuvres concernées ;
  • les plans de situation ;
  • les références bibliographiques, y compris les sources anciennement imprimées ; les rééditions ne sont pas systématiquement mentionnées ;
  • les expositions au sein desquelles l’œuvre a été présentée ;
  • les œuvres en rapport, principalement pour les paires, les pendants, les sculptures copiées ou moulées (à l’exclusion des œuvres qui ne font pas l’objet d’une notice dans le présent catalogue) ;
  • les personnages et animaux représentés, qui sont ainsi indexés pour faciliter une recherche iconographique.

En ce qui concerne les sources manuscrites, les sources figurées et les références bibliographiques, seules les plus pertinentes et les plus sérieuses ont été retenues. Sont indiquées, le plus souvent entre parenthèses, les variantes d’attributions de l’œuvre considérée.

Chaque notice est illustrée des clichés les plus récents de l’œuvre, mais aussi de représentations ou de clichés anciens (ces dernières définies comme « illustrations de comparaison »).

Pour la plupart, les chapeaux ont été conçus pour présenter les jardins par secteurs.

  • Neuf chapeaux concernent les sept parterres et les quatre allées présentant des sculptures dans les jardins de Versailles : l’allée d’Eau ; l’allée Royale ; le bassin d’Apollon et le Grand Canal ; le bassin de Neptune ; l’Orangerie et la pièce d’eau des Suisses ; le parterre d’Eau ; le parterre de Latone ; le parterre du Midi ; le parterre du Nord.
  • Treize chapeaux concernent les quatorze bosquets ayant accueilli ou présentant encore aujourd’hui des sculptures : le bassin du Miroir et le jardin du Roi ; le bosquet de l’Arc de triomphe ; le bosquet de la Colonnade ; le bosquet des Dômes ; le bosquet de l’Encelade ; le bosquet de l’Étoile ; les bosquets de la Girandole et du Dauphin ; le bosquet de l’Obélisque ; le bosquet de la Reine ; le bosquet de la Salle de bal ; le bosquet de la Salle des marronniers ; le troisième bosquet des Bains d’Apollon ; le bosquet du Théâtre d’eau.
  • Un chapeau concerne les bassins des Saisons, qui sont répartis en quatre endroits différents des jardins.
  • Cinq chapeaux concernent les jardins du Grand Trianon : les bassins du Plat-Fond et de la Petite-Gerbe et Buffet d’eau ; le jardin des Marronniers ; le jardin du Roi, jardin des Sources et parterre du Laocoon ; le parterre haut et le parterre bas ; les Salles vertes.
  • Deux chapeaux concernent les jardins du Petit Trianon : le jardin anglais ; le jardin français.

Certains chapeaux thématiques concernent des ensembles d’œuvres qui ne sont pas disposées au même endroit, c’est-à-dire relatives à plusieurs parties des jardins, ou qui ont occupé successivement, toutes ensemble, plusieurs parties des jardins : la Grande Commande, la Petite Commande, les termes de pierre, les termes de Poussin, les vases de bronze.

Accessibles à partir des chapeaux, les sous-chapeaux sont de deux types :

  • ceux qui correspondent à des « sous-secteurs » : le bassin du Dragon (qui dépend de l’allée d’Eau), la demi-lune du bassin d’Apollon et les allées d’Apollon au Grand Canal (qui dépendent du bassin d’Apollon), la Pyramide et le Bain des nymphes (qui dépendent de l’allée d’Eau) ;
  • ceux qui correspondent à des secteurs disparus, remplacés par d’autres compositions : le bosquet de l’Île Royale (remplacé par le bassin du Miroir et le jardin du Roi), le bosquet du Labyrinthe (remplacé par le bosquet de la Reine), le bosquet de la Salle des Antiques (remplacé par le bosquet de la Salle des marronniers), le bosquet du Pavillon d’Eau (remplacé par le bosquet de l’Arc de triomphe), le bosquet de la Salle du Conseil (remplacé par le bosquet de l’Obélisque), le deuxième bosquet des Bains d’Apollon (remplacé par le troisième bosquet des Bains d’Apollon), le bosquet du Marais (remplacé par le troisième bosquet des Bains d’Apollon), le jardin du Dauphin (remplacé par le troisième bosquet des Bains d’Apollon), le bosquet du Rond-Vert (remplacé par le bosquet du Théâtre d’Eau), les quinconces du Midi et du Nord (remplacés par les bosquets de la Girandole et du Dauphin).

Enfin, un sous-chapeau constitue un cas particulier : celui se rapportant à la grotte de Téthys, édifice détruit en 1684 pour permettre l’édification de l’aile du Nord du château. La grotte de Téthys étant géographiquement rattachée au parterre du Nord, le sous-chapeau « grotte de Téthys » dépend du chapeau « Parterre du Nord ».

Présentation chronologique des principales références consultées

La première des sources est de nature comptable. Il s’agit des comptes des Bâtiments du roi, dont les registres sont conservés à la Bibliothèque nationale de France et aux Archives nationales et qui ont été édités, pour le règne de Louis XIV, par Jules Guiffrey entre 1881 et 1901.

  • Comptes des Bâtiments du roi sous le règne de Louis XIV (1664-1715), édités par Jules Guiffrey, 5 vol., Paris, 1881-1901.

Cette source primordiale permet d’identifier l’artiste et l’œuvre, de déduire les délais d’exécution (qui ne sont pas nécessairement liés aux dates des paiements, mais qui sont souvent indiqués par leur libellé), voire la date de livraison, de connaître aussi, dans certains cas, tel ou tel déplacement de l’œuvre à Versailles.

La correspondance de Colbert, qui fut surintendant des Bâtiments du roi jusqu’en 1683, comporte plusieurs mentions relatives aux sculptures des jardins de Versailles et de Trianon. Les deux volumes les plus intéressants de son édition datent de 1868 et de 1873.

  • Lettres, instructions et mémoires de Colbert, édition par Pierre Clément, t. V, Paris, 1868, et t. VII, Paris, 1873.
  • La correspondance de Colbert avec son fils le marquis d’Ormoy, un moment pressenti pour lui succéder comme surintendant des Bâtiments du roi, est également à signaler. Elle a été éditée en 1873.
  • Pierre Margry, Un fils de Colbert. Étude, suivie de la correspondance du marquis d’Ormoy avec son père concernant les bâtiments du palais de Versailles et les travaux faits dans les environs (1663-1704), Paris, 1873.

Partielle et poétique, la première description des sculptures des jardins de Versailles est due à Jean de La Fontaine, publiée en 1669 dans son recueil Les Amours de Psyché et de Cupidon.

  • Jean de La Fontaine, Les Amours de Psiché et de Cupidon, Paris, 1669, p. 11-24 et 194-202.
  • Elle fut suivie de peu par La Promenade de Versailles de Mlle de Scudéry, également publiée en 1669.

    • Madeleine de Scudéry, La Promenade de Versailles, Paris, 1669, p. 65-78 et 87-90.

    En septembre 1671, l’ambassadeur de Venise Michieli rédigea aussi un compte rendu de sa visite à Versailles, où il mentionne les sculptures qu’il a vues, notamment celles de la grotte de Téthys. De ce document conservé à Venise (Venise, Archivio di Stato di Venezia, Dispacci degli ambasciatori al Senato, Francia, filza 149, lettre du 13 septembre 1671), une traduction française a été récemment publiée :

    • Robert Berger et Thomas Hedin, Diplomatic Tours in the Gardens of Versailles under Louis XIV, Philadelphie, Université de Pennsylvanie, 2008, p. 82-84.

    Due à André Félibien, la première description « scientifique » des sculptures des jardins de Versailles fut publiée en 1672 : elle concernait la grotte de Téthys.

    • André Félibien, Description de la grotte de Versailles, Paris, 1672.

    Cette Grotte de Versailles fut rééditée en 1674, 1676 et 1679, les deux dernières éditions, publiées par l’Imprimerie royale, comportant chacune une série de planches gravées.

    Le manuscrit anonyme intitulé Brève description d’une partie des grottes et fontaines du chasteau royal de Versailles a été rédigé vers 1673-1675, car décrivant trente-huit fontaines au bosquet du Labyrinthe (Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, ms Vms 68).

    Publié en 1675 au sein du recueil de divers ouvrages en prose et en vers de Charles Perrault, « Le Labirinthe de Versailles », qui décrit trente-huit fontaines à l’intérieur du bosquet, peut être daté de 1673.

    • Charles Perrault, « Le Labirinte de Versailles », dans Recueil de divers ouvrages en prise et en vers, Paris, 1675, p. 225-268.

    En 1674, la Description sommaire du chasteau de Versailles d’André Félibien est consacrée, pour plus de la moitié de l’ouvrage, à la visite des jardins de Versailles et de Trianon.

    • André Félibien, Description sommaire du chasteau de Versailles, Paris, 1674, p. 44-100.

    Pour les jardins de Versailles, partant du nord, l’historiographe du roi conçut un parcours rationnel, une sorte d’itinéraire officiel, qui ne manque pas de mentionner les sculptures en place, mais sans en indiquer les auteurs.

    Le fontainier Claude Denis rédigea une description versifiée, l’Explication de toutes les grottes, rochers et fontaines du chasteau royal de Versailles probablement en 1675, les groupes de la Grande Commande étant déjà cités (Paris, Bibliothèque nationale de France, Manuscrits, français 2348).
    Malgré de nombreuses inexactitudes et le caractère irrationnel du parcours, l’ambition du fontainier était de donner un aperçu plus complet des sculptures rassemblées dans les jardins.

    En 1677, l’Imprimerie royale publia Le Labyrinthe de Versailles, un texte anonyme attribué à Charles Perrault, décrivant trente-neuf fontaines en place et illustré de gravures de Sébastien Leclerc.

    • [Charles Perrault,] Labyrinte de Versailles, Paris, 1677.

    Ce recueil fut réédité en 1679.

    En 1681, sous le pseudonyme de Combes, l’abbé Morelet publia un itinéraire de visite des jardins de Versailles.

    • Combes [Laurent Morelet], Explication historique de ce qu’il y a de plus remarquable dans la maison royale de Versailles et en celle de Monsieur à Saint-Cloud, Paris, 1681, p. 78-144.

    Le texte est revêtu de l’approbation, datée de novembre 1680, des sculpteurs Antoine Coysevox et Thomas Regnaudin.
    L’attention s’y concentre sur les sculptures, dont certaines sont décrites et attribuées.
    Prenant son point de départ au nord, le parcours est rationnel.
    Si les œuvres de la Grande Commande sont situées sur le parterre d’Eau, l’auteur précise qu’elles ne sont pas encore installées au moment de sa description.

    Conservée aux Archives du Service historique de la Défense à Vincennes, la correspondance du marquis de Louvois, surintendant des Bâtiments du roi, couvre la période s’étendant de 1683 à 1691. Elle est encore en cours d’édition.

    • Architecture et Beaux-Arts à l’apogée du règne de Louis XIV. Édition critique de la correspondance du marquis de Louvois, surintendant des Bâtiments du roi, arts et manufactures de France, 1683-1691, conservée au Service historique de la Défense, sous la direction de Raphaël Masson et Thierry Sarmant, 2 vol., Paris, 2007-2009.

    À partir de 1684, et jusqu’en 1720, le marquis de Dangeau tint une chronique quotidienne de la cour de France. À plusieurs reprises, son journal fournit de précieux renseignements sur tel ou tel aménagement sculpté des jardins de Versailles et de Trianon.

    • Philippe de Courcillon, marquis de Dangeau, Journal du marquis de Dangeau, publié par Louis-Étienne Dussieux, Philippe de Chennevières, Paul Mantz, Anatole de Montaiglon et Eudore Soulié, 19 vol., Paris, 1854-1860.

    L’« Estat présant des figures » est un texte faussement daté de 1715 : il correspond en fait au premier inventaire exhaustif des sculptures des jardins, en marbre, en plomb et en bronze, rédigé en 1686.

    • Alexandre Maral, « L’“Estat présant des figures” (1686), première description des sculptures des jardins de Versailles après l’installation de la cour. Un document inédit », Bibliothèque de l’École des chartes, t. 170, 2012, p. 59-102, aux p. 70-102.

    Conservé à la bibliothèque municipale de Versailles (ms 35 P), ce manuscrit donne des descriptions précises. Pour chaque œuvre, l’orientation des têtes est presque systématiquement indiquée : « à droite » signifie à dextre, « à gauche » à senestre. Les dimensions exactes, y compris des supports, sont spécifiées, sauf dans le cas des œuvres inaccessibles : un buste au sommet d’une colonne, un groupe au centre d’un bassin.
    L’« Estat présant des figures » est un outil de travail, fruit d’un récolement ou d’un inventaire topographique : un document qui semble consigner des données orales dictées sur place, depuis le haut d’une échelle.
    S’il a été rédigé sans aucune recherche stylistique et sans aucun souci de cohérence orthographique, ce document est fondé sur des connaissances étendues, qui dépassent la simple observation physique des œuvres décrites. Ainsi, le nom du sculpteur est mentionné, quand bien même sa signature n’apparaît pas sur l’œuvre, ce qui est le plus souvent le cas. De même, sans que cela soit systématique, l’origine des œuvres est précisée.

    L’« Estat présant des figures » est suivi de deux documents inédits : l’« Estat présent du nombre des robinets et jets d’eau » (Versailles, bibliothèque municipale, ms 35 P, fol. 108-115v) et le « Desnombrement des conduittes » (Versailles, bibliothèque municipale, ms 35 P, fol. 116-181v), qui peuvent apporter des indications quant au nombre et à la répartition des éléments sculptés de certains bassins.

    Non daté, un ensemble de neuf plans manuscrits peut être mis en relation avec l’« Estat présant des figures » : sept d’entre eux portent en effet des numéros qui renvoient au texte de l’inventaire de 1686.

    • « Plan du bassin d’Apollon et teste du Canal » (Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie, FOL-VA-78 (F,2), microfilm B 9577) ;
    • « Parterre du Nord » (Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie, FOL-VA-78 (F,3), microfilm B 10199) ;
    • « Bassin de Neptune » (Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie, FOL-VA-78 (F,3), microfilm B 10301) ;
    • « Parterre du Nord, Arc de triomphe, Les 3 Fontaines, Bassin du Dragon » (Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie, FOL-VA-78 (F,4), microfilm B 10402) ;
    • « Bosquet du Téâtre d’Eau » (Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie, FOL-VA-78 (F,4), microfilm B 10449) ;
    • « Parterre du dessus de l’Orangerie » (Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie, FOL-VA-78 (F,6), microfilm B 10656) ;
    • « Plan du bas de l’Orangerie » (Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie, FOL-VA-78 (F,6), microfilm B 10692) ;
    •  « Bosquet de la Salle du Conseil » (Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie, FOL-VA-78 (F,5), microfilm B 10576) ;
    • « La Pièce royale », inachevé et sans aucun numéro (Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie, FOL-VA-78 (F,7), microfilm B 10924).

    De 1686 date le recueil de Vertron, Le Nouveau Panthéon, où il est question des « statues des principales divinitez qui sont dans le jardin enchanté de Versailles sous les noms et sous les figures desquelles le roy peut estre représenté ».

    • Claude Guyonnet de Vertron, Le Nouveau Panthéon ou le rapport des divinitez du paganisme, des héros de l’Antiquité et des princes surnommés grands aux vertus et actions de Louis le Grand, Paris, 1686, p. 69-79.

    Sous le titre de « Suite du voyage des ambassadeurs de Siam en France », la description consignée dans le Mercure galant de novembre 1686 relate la visite des ambassadeurs de Siam qui, à la fin du mois de septembre 1686, passèrent deux jours à visiter les jardins : même si l’itinéraire de visite commence par la partie méridionale des jardins, le ton et le propos de ce texte permettent de placer ce dernier dans la mouvance de la Description sommaire de Félibien.

    • « Suite du voyage des ambassadeurs de Siam en France », Mercure galant, novembre 1686, seconde partie, p. 117-132 et 143-215.

    En septembre 1687, l’architecte suédois Tessin rédigea une relation de sa visite à Versailles. Elle a été publiée en 1926.

    • Nicodème Tessin, Relation de la visite de Nicodème Tessin à Marly, Versailles, Clagny, Rueil et Saint-Cloud en 1687, édition par Pierre Francastel, Revue de l’histoire de Versailles et de Seine-et-Oise, 1926, p. 150-167.

    Une relation de visite est également consignée dans le deuxième dialogue, publié en 1688, du Parallèle des anciens et des modernes de Perrault.

    • Charles Perrault, Parallèle des anciens et des modernes en ce qui regarde les arts et les sciences, 4 vol., Paris, 1688-1697, t. I, p. 243-252.

    À partir de 1688, une importante commande de tableaux fut passée aux peintres Allegrain et Cotelle pour l’aménagement intérieur du Grand Trianon. Ces tableaux représentent les différentes parties des jardins de Versailles.

    • Étienne Allegrain, Le Bosquet de l’Île royale, huile sur toile, Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, MV 753.
    • Étienne Allegrain, Le Parterre du Nord, huile sur toile, Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, MV 752.
    • Étienne Allegrain, Le Bosquet de la Salle du Conseil, huile sur toile, Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, MV 754.
    • Étienne Allegrain, Le Château vu depuis les hauteurs de Satory, huile sur toile, Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, MV 8608.
    • Jean Cotelle, L’Orangerie et la pièce d’eau des Suisses, huile sur toile, Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, MV 728.
    • Jean Cotelle, L’Orangerie depuis la pièce d’eau des Suisses, huile sur toile, Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, MV 729.
    • Jean Cotelle, L’Entrée du Labyrinthe, huile sur toile, Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, MV 730.
    • Jean Cotelle, Le Labyrinthe, huile sur toile, Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, MV 731.
    • Jean Cotelle, Le Bosquet de la Salle de bal, huile sur toile, Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, MV 732.
    • Jean Cotelle, Le Bosquet de la Colonnade, huile sur toile, Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, MV 733.
    • Jean Cotelle, Le Bosquet des Dômes, huile sur toile, Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, MV 734.
    • Jean Cotelle, L’Encelade, huile sur toile, Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, MV 735.
    • Jean Cotelle, Le Bosquet du Théâtre d’eau vu depuis le nord, huile sur toile, Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, MV 737.
    • Jean Cotelle, Le Bosquet du Théâtre d’eau vu depuis le sud, huile sur toile, Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, MV 738.
    • Jean Cotelle, Le Parterre d’Eau, huile sur toile, Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, MV 766.
    • Jean Cotelle, Le Bosquet du Marais, huile sur toile, Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, MV 767.
    • Jean Cotelle, Le Bassin du Dragon et la margelle du bassin de Neptune, huile sur toile, Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, MV 770.
    • Jean Cotelle, Le Bassin de Neptune et l’allée d’Eau, huile sur toile, Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, MV 771.
    • Jean Cotelle, Le Bosquet de l’Arc de triomphe vu depuis le nord, huile sur toile, Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, MV 772.
    • Jean Cotelle, Le Bosquet de l’Arc de triomphe vu depuis le sud, huile sur toile, Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, MV 773.

    Il faut ajouter à cet ensemble :

    • Étienne Allegrain, L’Orangerie, huile sur toile, Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, MV 6812.
    • Jean Joubert, Le Bosquet de la Salle des antiques, gouache sur vélin, Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, inv. dess. 745 (MV 8418).

    Le Mémoire des figures, groupes et termes de marbre qui sont dans les atteliers des sculpteurs et de l’estat où sont ces ouvrages a été rédigé en 1689. Conservé aux Archives nationales (O1 2772), ce document a été édité en 1937 :

    • Marthe Oudinot, « François Girardon, son rôle dans les travaux de sculpture à Versailles et aux Invalides (documents inédits) », Bulletin de la Société de l’histoire de l’art français, 1937 (1938), p. 204-248, aux p. 240-244.

    Rédigée par Louis XIV lui-même, la Manière de montrer les jardins de Versailles, qui fit l’objet d’au moins six versions successives entre 1689 et 1705, reprend des descriptions antérieures l’idée d’un parcours cohérent à travers les jardins.

    La version la plus complète (Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la photographie, Va 78f, I) date de 1694. Elle a été éditée en 1982 :

    • Simone Hoog, Louis XIV. Manière de montrer les jardins de Versailles, Paris, Réunion des Musées nationaux, 1982.

    Ce circuit à usage diplomatique ne mentionne que les points de vue, les perspectives, sans entrer dans le détail des sculptures.

    L’Estimation faite le 15e aoust 1692 pour servir aux parfaits payemens de partie des groupes, figures, termes et vases posez à Versailles dresse la liste de toutes les sculptures non encore entièrement rétribuées qui se trouvent à Versailles. Conservé aux Archives nationales (O1 1964, dossier 3), ce document a été édité en 1937 :

    • Marthe Oudinot, « François Girardon, son rôle dans les travaux de sculpture à Versailles et aux Invalides (documents inédits) », Bulletin de la Société de l’histoire de l’art français, 1937 (1938), p. 204-248, aux p. 244-247.

    Daté du 30 octobre 1692, un précieux plan donne la liste et les emplacements des termes de marbre et de pierre pour l’ensemble des jardins (Pierrefitte-sur-Seine, Archives nationales, V.A. LXIII, no 45).

    Un recueil de plans des jardins du château est datable du début des années 1690 (Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, ms Vms 58). Il indique seulement les emplacements des sculptures, ainsi que des bancs.

    D’après la préface de son recueil, le graveur Thomassin entreprit en 1689 de graver les sculptures des jardins de Versailles. Publié cinq ans après, son recueil est composé de 218 planches.

    • Simon Thomassin, Recueil des statues, groupes, fontaines, termes, vases et autres magnifiques ornemens du château et parc de Versailles, Paris, 1694.

    L’ouvrage est incontestablement scientifique et, sans situer les œuvres dans les jardins ni indiquer leurs dimensions, il en offre un relevé figuré, fort utile quoique de faible valeur esthétique.

    Daté du 1er janvier 1694, l’Estat général des ouvrages de sculpture placez dans les jardins de Versailles (Paris, Archives nationales, O1 1790, dossier 1) fournit en vingt-neuf pages la liste sommaire des sculptures, en signalant le nom du sculpteur ou s’il s’agit d’une œuvre antique, tandis que 339 numéros renvoient à un plan qui n’a pas été identifié.
    Aux vases de marbre (p. 1-4) succèdent les groupes et statues de marbre (p. 5-13), les termes de marbre (p. 14-16), les œuvres en bronze (p. 17-20), les sculptures des fontaines (p. 21-27), celles de la Colonnade (p. 28) et celles placées à l’intérieur de l’Orangerie (p. 29).
    Ce document contient aussi des annotations postérieures à 1694.

    Datées du 8 janvier 1695 et dédiées à la princesse de Conti par son auteur, la mystérieuse dame Jourdain, les Remarques historiques sur les figures, termes et vases qui ornent les jardins du parc de Versailles semblent à l’usage d’une élite cultivée, peut-être celle de la cour (Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, V.2016.3, exemplaire comportant un précieux plan du parterre d’Eau qui révèle la situation primitive des bronzes ; autres versions, plus tardives et sans plan, conservées à Paris, Bibliothèque de l’Arsenal, ms 2546, et, avec variantes, au musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, ms Vms 44).
    Selon un parcours topographique cohérent, les sculptures sont soigneusement identifiées et décrites, sans toutefois que leurs dimensions soient précisées, leurs auteurs sont mentionnés et, s’il s’agit d’une copie d’antique, l’original est localisé.
    La date indiquée sur la page de titre de Mme Jourdain correspond au début de son travail d’écriture. Des mouvements d’œuvres intervenus courant 1695 font l’objet de mentions marginales.

    Daté du 15 juillet 1695, l’Estat des figures, groupes et vases de marbre, plomb, bronze et cuivre posez dans le jardin de Marly recense un certain nombre de sculptures provenant des jardins de Versailles, dont l’ancienne localisation est même ajoutée en marge (Paris, Archives nationales, O1 1460).

    Daté de 1695, l’État de ce qui a esté donné par ordre du roy à Monseigneur pour Meudon recense également différentes sculptures provenant de Versailles (Paris, Archives nationales, O1 1514, no 103).

    Non datée, l’Explication des figures, grouppes et termes qui sont dans le parc et bosquets de Versailles décrit les jardins tels qu’ils se présentaient en 1696, alors que le groupe de L’Enlèvement de Proserpine venait d’être placé à l’extrémité orientale de l’allée Royale ; il comprend un plan du parterre d’Eau qui indique également la situation primitive des bronzes (Paris, Bibliothèque Mazarine, ms 3363, p. 119).

    Illustré de gravures découpées d’un recueil de Thomassin, le manuscrit intitulé Les Noms et l’explication des figures, groupes, thermes, bustes, vases et fontaines qui sont dans le parc et jardins de Versailles porte la date de septembre 1697 (Versailles, bibliothèque municipale, ms 60 M).

    L’Estat présent des figures qui sont dans le petit parq de Versailles pourrait correspondre à une mise à jour de la Description sommaire de Félibien, restée inédite en dépit de la nouvelle publication de 1703, qui se contenta de reprendre le texte de 1674.
    Connu par deux versions, l’une lacunaire (Paris, Bibliothèque Mazarine, ms 3362), l’autre plus complète (Versailles, bibliothèque municipale, ms 22 M), le texte décrit une situation postérieure à juin 1698, date de la mise en place du Point du jour de Legros au bosquet des Dômes, et antérieure à avril 1699, date du déplacement du groupe de La Renommée du roi au bas de l’allée Royale.

    Le recueil manuscrit intitulé Les Bosquets décrit L’Enlèvement de Proserpine au centre de la Colonnade (Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie, Fb 27 4°) : il peut être daté autour de 1699-1700.
    Ce recueil fournit des appellations qu’on ne trouve pas dans les autres sources.

    Le recueil manuscrit intitulé Statues du jardin et parc de Versailles qui ne sont point enfermées dans des bosquets semble complémentaire du précédent (Paris, Bibliothèque de l’Arsenal, ms 3056).
    Il peut être daté de 1699-1702, le groupe de La Renommée du roi étant situé au bas de l’allée Royale.
    Les œuvres décrites sont également représentées et situées sur un plan numéroté.
    Ce recueil fournit des appellations qu’on ne trouve pas dans les autres sources.

    Appartenant au fonds Robert de Cotte, de nombreux dessins des sculptures des jardins de Versailles et de Trianon ont été exécutés autour de 1700 (Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie, FB-26-FOL).
    Il s’agit de fiches d’œuvres numérotées (renvoyant peut-être à un plan) indiquant dimensions et emplacements, mais aussi quelques précisions sur l’état sanitaire de la sculpture concernée et, surtout, un relevé dessiné qui aide à l’identification.

    Le guide de Piganiol de La Force fut publié en 1701.

    • Jean-Aymar Piganiol de La Force, Nouvelle description des chasteaux et parcs de Versailles et de Marly, Paris, 1701, p. 158-325 et, pour Trianon, p. 360-361.

    Il est conçu selon un double parcours : l’un pour les grandes perspectives et partant du nord, l’autre pour les bosquets et partant du sud.
    L’ouvrage de Piganiol consacre l’approche culturelle et muséale des jardins1313. Sabatier, 1999, p. 532-534..

    L’Inventaire général des groupes de figures, statues, termes, bustes, bas-reliefs et vases de marbre, bronze et autres matières, qui appartiennent au roy, placez tant dans les maisons royalles que dans les magazins et autres lieux destinez pour les garder est daté de 1707 (Paris, Archives nationales, O1 1976A).
    Il s’agit du premier document complet, en plus de 1 000 pages, qui recense l’ensemble des sculptures des collections royales, en donne la description, les dimensions et la localisation. Comme pour l’inventaire de 1694, la répartition des œuvres y est formelle : groupes en marbre (p. 1-51), statues antiques en marbre (p. 69-282), statues modernes en marbre (p. 285-348), copies de statues antiques en marbre (p. 360-403), termes en marbre (p. 408-446), bustes en marbre (p. 448-683), reliefs en marbre (p. 693-714), vases en marbre (p. 721-772), vases en porphyre et en albâtre (p. 780-806), groupes, statues, bustes et reliefs en bronze (p. 808-981), vases en bronze (p. 988-1005), sculptures en ivoire et en terre cuite (p. 1012-1018).
    L’inventaire de 1707 constitue assurément l’aboutissement de ce travail de recensement et d’étude matérielle des collections royales de sculpture, mené au sein de l’administration des Bâtiments du roi1414. Il existe une version préparatoire à l’inventaire de 1707 : l’État des bustes de marbre blanc dans le château de Versailles, parc, Marly, etc., Paris, dans la salle des Antiques (Paris, Archives nationales, O1 19681)..

    L’inventaire de 1707 ne prend pas en compte les œuvres en plomb. Fort heureusement, un autre inventaire, non daté, des sculptures des jardins (Paris, Archives nationales, O1 1968, dossier 5) recense les œuvres en plomb (aux p. 185bis-251). Ce dernier inventaire peut être daté de 1706-17081515. Inventoriées séparément, les figures qui constitueront les groupes de la nappe inférieure du bassin du Plat-fond n’ont pas encore été transférées à Trianon (p. 244-245), transfert effectué en 1706 (Grand état de la dépense ordinaire des Bâtiments du Roi, 1706, fol. 172) ; les groupes de plomb provenant de l’allée d’Eau que l’inventaire mentionne encore dans les jardins de Marly sont attestés en magasin en juin 1708 par une autre source (Inventaire des magasins des Bâtiments du Roi, 1708, p. 178)..

    L’édition de 1707 du guide de Piganiol de La Force décrit un état postérieur à celui à celui de l’inventaire de 1707.

    • Jean-Aymar Piganiol de La Force, Nouvelle description des chasteaux et parcs de Versailles et de Marly, Paris, 2e édition, 1707, p. 168-336 et, pour Trianon, p. 368 et 376-384.

    Portant une date d’approbation du 11 août 1707, cette édition mentionne en effet au bassin du Miroir les deux vases (MR 3014 et MR 3015) provenant de l’allée Royale, encore situés de part et d’autre de l’allée Royale par l’inventaire de 1707.

    Daté de 1711, le Recueil des plans généraux des jardins de Versailles, de Trianon et de la Ménagerie avec le plan du Potager et les plans en grand de tous les bosquets où sont décrites [sic] les fontaines, figures, thermes et vases qui se trouvent dans ces jardins et bosquets a été dessiné par Pierre Lepautre (Saint-Pétersbourg, Bibliothèque de l’Académie des sciences, OR P I B no 112). Outre qu’il s’agit du le premier plan d’ensemble des jardins de Versailles et de Trianon, il permet de localiser précisément presque toutes les sculptures. Il n’est cependant pas toujours fiable, notamment en ce qui concerne la disposition des bronzes du parterre d’Eau.

    En deux volumes, l’édition de 1713 du guide de Piganiol de La Force est intéressante pour les changements survenus depuis 1707. En revanche, elle n’est pas mise à jour pour les jardins de Trianon.

    • Jean-Aymar Piganiol de La Force, Nouvelle description des chasteaux et parcs de Versailles et de Marly, Paris, 3e édition, 1713, t. II, p. 5-179 et, pour Trianon, p. 212-213 et 219-227.

    Dû au fontainier Dominique Girard, le second plan d’ensemble pour le règne de Louis XIV, qui permet également de connaître l’emplacement de presque toutes les sculptures – à l’exception de celles de Trianon – fut gravé par Jean Raymond en 1714.

    • Dominique Girard et Jean Raymond, Plan général des jardins, bosquets et pièces d’eau du petit parc de Versailles avec la situation des statues et des vases de marbre et de métal, Paris, 1714.

    Pour autant, ce plan n’est pas toujours fiable, notamment en ce qui concerne les bosquets de la Girandole, du Dauphin et de la Salle des marronniers.

    L’édition de 1717 du guide de Piganiol de La Force est utile pour les changements intervenus depuis 1713. Elle n’a toutefois pas été mise à jour pour les jardins de Trianon.

    • Jean-Aymar Piganiol de La Force, Nouvelle description des chasteaux et parcs de Versailles et de Marly, Paris, 4e édition, 1717, t. II, p. 5-180 et, pour Trianon, p. 212-213 et 220-228.

    Attribué à tort à Georges-Louis Le Rouge, le guide publié en 1718 est probablement dû à Claude-Marin Saugrain, son éditeur1616. Anatole de Montaiglon, dans la préface à la réimpression de 1883, p. iv-vi..

    • Claude-Marin Saugrain, Les Curiositez de Paris, de Versailles, de Marly, de Vincennes, de Saint-Cloud et des environs, Paris, 1718, t. II, p. 545-561 et 570-577 et, pour Trianon, p. 569-570.

    Ce texte est le premier à mentionner le départ des groupes d’enlèvements (MR 1844 et MR 2084) du parterre de l’Orangerie.

    En 1720, Jean-Baptiste de Monicart publia les deux premiers tomes de son Versailles immortalisé.

    • Jean-Baptiste de Monicart, Versailles immortalisé par les merveilles parlantes des bâtimens, jardins, bosquets, parcs, statues, groupes, termes et vases de marbre, de pierre et de métaux, pièces d’eau, tableaux et peintures qui sont dans les châteaux de Versailles, de Trianon, de la Ménagerie et de Marly, 2 vol., Paris, 1720.

    Le texte de Monicart est assez proche du contenu fourni par l’édition de 1707 du guide de Piganiol de La Force. La description versifiée, française et latine, est illustrée de très belles gravures de Thomassin. Le premier tome décrit dans l’appartement des Bains des sculptures passées ensuite dans les jardins, le second tome décrit les sculptures de la terrasse du parterre d’Eau.
    Monicart a rédigé sept autres tomes. Sous forme manuscrite, six d’entre eux subsistent, cinq conservés à la bibliothèque municipale de Versailles (F 840-842) et un au musée national des châteaux de Versailles et de Trianon (ms Vms 72).
    Sans doute en lien avec le projet de Monicart, plusieurs gravures de Thomassin représentent des sculptures des jardins. Datées entre 1717 et 1724, elles sont de bien meilleure qualité que celles du recueil de 1694 (Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, GR 146.1.58 à GR 146.1.126)1717. La lettre de plusieurs de ces gravures n’est pas fiable (Agrippine d’après l’antique, GR 146.1.116, mentionnée dans les jardins de Versailles, était en fait aux Tuileries ; Minerve d’après l’antique, GR 146.1.112, également mentionnée dans les jardins de Versailles, ne correspond à aucune des statues de Minerve qui y sont attestées ; Centaure et Amour d’après l’antique, GR 146.1.114, groupe mentionné prévu pour Versailles, était en fait à Marly ; Le Rémouleur en marbre, GR 146.1.58, attribué à Coysevox, est en réalité de Foggini)..

    Rédigé par le sculpteur François-Benoît Massou, l’inventaire de 1722 reflète l’état d’achèvement des jardins de Versailles et de Trianon, qui sont décrits selon un ordre topographique.
    Conservé aux Archives nationales (O1 1969A), le document s’intitule Inventaire général des figures, grouppes, termes, bustes, têtes, vases, urnes, bas-reliefs et creux, tant de marbre que de bronze, où il est observé ce qui est antique et ce qui est moderne avec leurs attributs, dimensions, mutilé, cassé et restauré, qui se sont trouvez dans les jardins, maisons royales, magazins des Bâtimens du roy et autres endroits, selon la recherche exacte qui en a été faite [depuis] pendant les derniers mois de l’année 1722 par le sr Massou, sculpteur de Sa Majesté et de son Académie, suivant les ordres de Monseigneur le duc d’Antin, pair de France, chevalier des ordres du roy, surintendant des Bâtimens et jardins de Sa Majesté, arts, académies et manufactures royales.
    Sont successivement décrits : le parterre d’Eau, le parterre de Latone, le parterre du Midi, l’Orangerie et la pièce d’eau des Suisses, l’allée Royale, le bassin d’Apollon et les allées d’Apollon au Grand Canal (p. 46-84) ; le parterre du Nord, l’allée d’Eau et le bassin de Neptune (p. 84-102) ; les bosquets septentrionaux (p. 102-113) ; les bosquets méridionaux (p. 113-123) ; les jardins de Trianon (p. 127-144).
    Les sculptures en plomb ne sont pas recensées.

    Cet inventaire a été précédé d’une version préparatoire (Paris, Archives nationales, O1 1977B), qui a été annotée jusqu’en 1732.
    L’inventaire de 1722 est également connu par une version datée de 1722-1723 (Paris, Archives nationales, O1 1969B).

    Un plan non daté des jardins de Trianon correspond à la situation décrite par l’inventaire de 1722 (Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la photographie, FT 4-VA-424, microfilm H 186638). Il a vraisemblablement été dressé en 1713 ou peu après, le groupe en plâtre de Zéphyr et Flore, commandé en 1713 et absent de l’inventaire de 1722, étant attesté dans la Grande Salle ronde des jardins de Trianon.
    Le plan non daté indique toutefois l’existence de la Salle de Diane, attestée seulement par le plan gravé daté de 1730 et publié chez Mariette.

    • Plan du palais et jardins de Trianon avec les environs en 1730, Paris, 1730.

    Publié en 1724 par Gaspard de Baillieul, le Nouveau plan de Versailles et de Marly avec les environs donne des indications sur les noms des bosquets et des fontaines.

    Les éditions de 1724, 1730 et 1738 du guide de Piganiol de La Force sont intéressantes pour suivre les changements survenus après 1722, notamment l’aménagement du jardin du Dauphin. En revanche, elles ne sont pas mises à jour pour les jardins de Trianon.

    • Jean-Aymar Piganiol de La Force, Nouvelle description des chasteaux et parcs de Versailles et de Marly, Paris, 5e édition, 1724, t. II, p. 5-179 et, pour Trianon, p. 211-212 et 219-227.
    • Jean-Aymar Piganiol de La Force, Nouvelle description des chasteaux et parcs de Versailles et de Marly, Paris, 6e édition, 1730, t. II, p. 5-190 et, pour Trianon, p. 223 et 231-240.
    • Jean-Aymar Piganiol de La Force, Nouvelle description des chasteaux et parcs de Versailles et de Marly, Paris, 7e édition, 1738, t. II, p. 5-200 et, pour Trianon, p. 233 et 241-250.

    En 1743, le peintre et doreur Jean Bailly fut chargé d’intervenir sur les sculptures en métal de Trianon. Ces dernières sont mentionnées et décrites dans son mémoire d’intervention (Paris, Archives nationales, O1 1874, dossier 2).

    Dû à l’abbé Delagrive, le Plan de Versailles, du petit parc et de ses dépendances a été gravé en 1746.

    • Jean Delagrive, Plan de Versailles, du petit parc et de ses dépendances, Paris, 1746.

    Il indique l’emplacement des sculptures des jardins de Versailles.

    Le Recueil des châteaux, jardins, bosquets et fontaines de Versailles, Trianon et la Ménagerie, daté de 1747, est l’œuvre de Jacques-André Portail (Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, ms Vms 25). Il consigne seulement les emplacements des sculptures, ainsi que des bancs.

    Daté du 16 septembre 1750, l’État des statues, piédestaux et vases du jardin de Versailles dont les joints et fils de marbre exigent d’estre mastiquez, et des parties tronquées et mutilées qui ont besoin d’estre restaurées fournit la liste des sculptures des jardins de Versailles et dresse un constat d’état sommaire pour chaque œuvre (Paris, Archives nationales, O1 1790, dossier 2).

    Outre qu’elle constitue une mise à jour au regard de l’édition de 1738, l’édition de 1751 du guide de Piganiol de La Force livre la première description du bassin de Neptune achevé.

    • Jean-Aymar Piganiol de La Force, Nouvelle description des chasteaux et parcs de Versailles et de Marly, Paris, 8e édition, 1751, t. II, p. 5-200 et, pour Trianon, p. 233 et 241-250.

    Dû à l’abbé Delagrive, le plan intitulé Bosquets de Versailles a été gravé en 1753. Comme son prédécesseur de 1746, il indique l’emplacement des sculptures des jardins.

    • Jean Delagrive, Bosquets de Versailles, s. l., 1753.

    Le Voyage pittoresque des environs de Paris de Dezallier d’Argenville fut publié en 1755. L’ouvrage est plus sommaire que le guide de Piganiol de La Force, mais sa date de publication en fait une source précieuse.

    • Antoine-Nicolas Dezallier d’Argenville, Voyage pittoresque des environs de Paris, Paris, 1755, p. 86-117 et, pour Trianon, p. 129-133.

    La dernière édition du guide de Piganiol de La Force date de 1764. Elle est entièrement conforme à celle de 1751.

    • Jean-Aymar Piganiol de La Force, Nouvelle description des chasteaux et parcs de Versailles et de Marly, Paris, 9e édition, 1764, t. II, p. 5-200 et, pour Trianon, p. 233 et 241-250.

    Dû à l’ingénieur du roi Hervet, le Plan de Versailles a été gravé en 1768. Il constitue une mise à jour du plan de l’abbé Delagrive de 1746, auquel il fait référence.

    • Jean-André Hervet, Plan de Versailles, s. l., 1768.

    Daté de janvier 1775, l’État des principaux objets faisant décoration dans le jardin de Trianon recense les sculptures en place à la veille de l’abattage des arbres (Paris, Archives nationales, O1 1874, dossier 3).

    La première description des sculptures des jardins après la replantation a été publiée par Dezallier d’Argenville en 1779.

    • Antoine-Nicolas Dezallier d’Argenville, Voyage pittoresque des environs de Paris, Paris, 1779, p. 106-138 et, pour Trianon, p. 156-159.

    Établi par l’ingénieur géographe au département de la Guerre Contant de La Motte, le Nouveau Plan de Versailles a été gravé en 1783 par Jean-Baptiste Croisey.

    • Contant de La Motte, Nouveau Plan de Versailles, Paris et Versailles, 1783.

    Des listes des sculptures des jardins sont fournies par des états prévisionnels de travaux à exécuter :

    • l’État et mémoire des entretiens annuels et des restaurations qui sont à faire aux grouppes, statues, thermes, vases ornés de bas-reliefs, le tout en marbre, qui décorent l’intérieure du château et le parc de Versailles, ordonnés par M. le comte d’Angiviller, directeur et ordonnateur général des Bâtiments du roy […] sous l’inspection de M. Heurtier, architecte du roy, au sieur Duprez, sculpteur de Sa Majesté, dans le courant des années 1785 et 1786 (Paris, Archives nationales, O1 2087, dossier 6).
    • l’État des réparations qui étoient à faire avant l’année 1787 aux groupes, statues, bustes, thermes et vases de marbre ornez de bas-reliefs qui décorent les appartements, jardins de Versailles et de Trianon ordonné par M. le comte d’Angiviller, directeur et ordonnateur des Bâtimens du roi […], au sieur Dejoux, sculpteur de Sa Majesté, dans le courant de l’année 1788 (Paris, Archives nationales, O1 2087, dossier 6).

    En 1787, Louis-Jacques Durameau, garde des tableaux de la Couronne, rédigea le Coup d’œil sur les peintures et sculptures qui décorent les châteaux, jardins, bosquets et fontaines de Versailles, Marly, Trianon et la Ménagerie (Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, Vms 138). Les sculptures des jardins sont recensées (et, le cas échéant, situées sur des plans dessinés) aux p. 98-151 et, pour Trianon, aux p. 157 et 164-174.

    Le guide de Thiéry fut publié en 1788.

    • Luc-Vincent Thiéry, Guide des amateurs et des étrangers voyageurs […] aux environs de Paris, Paris, 1788, t. I, p. 384-415 et, pour Trianon, p. 429-432 et 439.

    L’édition de 1789 de l’Almanach de Versailles présente un état des sculptures des jardins de Versailles et de Trianon à la veille de la Révolution. Elle porte une date d’approbation du 18 décembre 1788.

    • Almanach de Versailles. Année 1789, Versailles, 1789, p. 36-56 et, pour Trianon, p. 58-60.

    Durant la période révolutionnaire, les mouvements d’œuvres sont identifiables essentiellement par les sources suivantes :

    • Musée du Louvre (janvier 1797-juin 1798). Procès-verbaux du Conseil d’administration du « Musée central des Arts », édition par Yveline Cantarel-Besson, Paris, 1992, p. 115-117, 175 et 226.
    • Almanach de Versailles, chef-lieu du département de Seine-et-Oise, pour l’an V de la République, Versailles, 1797, p. 7-19.
    • Almanach de Versailles, ou le guide des étrangers, Versailles, [1800], p. 23-40 et, pour Trianon, p. 42-43.

    Publiée en l’an X (septembre 1801-septembre 1802), la Notice du musée spécial de l’École française offre une nomenclature des sculptures des jardins de Versailles.

    • Notice des tableaux, statues, vases, bustes, etc., composant le musée spécial de l’École française, Versailles, an X (1801-1802), p. 104-123.

    Entre 1804 et 1815, l’histoire des sculptures des jardins peut être retracée grâce aux éditions successives du Cicerone. Publié anonymement, l'auteur de ce guide est Antoine-Nicolas Duchesne.

    • Le Cicerone de Versailles, ou l’Indicateur des curiosités et établissemens de cette ville, Versailles, 1804, p. 68-84 et, pour Trianon, p. 88-91.
    • Le Cicerone de Versailles, ou l’Indicateur des curiosités et établissemens de cette ville, Versailles, 1806, p. 69-87 et, pour Trianon, p. 90-94.
    • Le Cicerone de Versailles, ou l’Indicateur des objets curieux de cette ville, Versailles, 1810, p. 106-147 et, pour Trianon, p. 154-164.
    • Le Cicerone de Versailles, ou l’Indicateur des objets curieux de cette ville, Versailles, 1813, p. 85-118 et, pour Trianon, p. 123-132.
    • Le Cicerone de Versailles, ou l’Indicateur des objets curieux de cette ville, Versailles, 1815, p. 103-149 et, pour Trianon, p. 155-164.

    En 1816, Michel-Antoine Garreau, boulanger à Versailles, rédigea un recueil sur les sculptures des jardins de Versailles, intitulé « Parc de Versailles » (Versailles, bibliothèque municipale, ms M 109). Cette source précieuse est illustrée de nombreux dessins de sculptures, exécutés par Garreau lui-même, qui, dans bien des cas, ont permis d’identifier les œuvres décrites1818. La sculpture en Occident, 2007,p. 252-261 (C. Vandalle)..

    L’État descriptif des groupes, statues, bas-reliefs, thermes, vases, cypes et colonnes des jardins de Versailles et de Trianon est datable de 1819 (Pierrefitte-sur-Seine, Archives des musées nationaux - château de Versailles et Trianon (séries V et VT), 20150040/13) : il ne mentionne qu’un des deux pavillons du bosquet des Dômes, le premier ayant été détruit en 1819, le second en 1820.

    En 1821 parut une nouvelle édition du Cicerone, la dernière retenue pour notre étude :

    • Le Cicerone de Versailles, ou l’Indicateur du château et des jardins de la ville et de ses principaux environs, Versailles, 1821, p. 78-118 et, pour Trianon, p. 125-133.

    L’inventaire des Musées royaux, dit inventaire MR, fut rédigé entre 1815 et 1824. Le troisième tome (en deux volumes) recense les sculptures des collections royales, dont celles des jardins de Versailles et de Trianon (Pierrefitte-sur-Seine, Archives des musées nationaux - registres des collections, répertoires et inventaires (série *DD), 20150162/79-80).
    Pour l’établissement des notices de ce catalogue, les sculptures ont été désignées par leur numéro MR, qui fait encore référence aujourd’hui.

    En 1821, Charles Picquet publia le Plan de la ville, du château et du parc de Versailles avec les palais et jardins du grand et du petit Trianon. Les numéros renvoient à une précieuse Table alphabétique des rues, impasses, passages, places, etc., de la ville de Versailles avec l’indication des statues, vases et autres objets d’art qui décorent le parc, fascicule fort rare dont un exemplaire est conservé à la bibliothèque municipale de Versailles, au sein d’un recueil factice (Versaillais E 92, Recueil de pièces concernant Versailles, tome 1er, de 1791 à 1835 inclus, aux p. 513-531). Il est ainsi possible de situer précisément toutes les sculptures des jardins de Versailles et de Trianon.

    En 1822, Vaysse de Villiers fit paraître un premier guide de Versailles, partie d’une entreprise éditoriale beaucoup plus ambitieuse :

    • Jean Vaysse de Villiers, Itinéraire descriptif ou description routière géographique, historique et pittoresque de la France et de l’Italie. Région de l’ouest. Route de Paris à Rennes, Paris, 1822.

    Les sculptures des jardins de Versailles sont évoquées aux p. 130-181, celles des jardins de Trianon aux p. 186-193.

    En 1827, Vaysse de Villiers fit paraître un nouveau guide de Versailles, mis à jour au regard du précédent.

    • Jean Vaysse de Villiers, Tableau descriptif, historique et pittoresque de la ville, du château et du parc de Versailles, compris les deux Trianons, Paris et Versailles, 1827, p. 169-234 et, pour Trianon, p. 244 et 246-252.

    Le guide de Vaysse de Villiers fut l’objet d’une réimpression en 1828.

    Trois ans après son guide, Vaysse de Villiers fit paraître un recueil de lithographies illustrant la plupart des sculptures des jardins de Versailles et de Trianon.

    • Jean Vaysse de Villiers, Recueil complet des monumens et perspectives de Versailles, Paris et Versailles, 1830.

    Les planches portent des renvois à la pagination du guide de 1827. Tirées sur les presses de l’imprimerie Knecht-Senefelder, la plupart d’entre elles ont été dessinées par Pointel du Portail et gravées par Charles Girardet.

    Le Plan du palais et du parc de Versailles fut publié par un certain Laurent en 1829. Comme le plan de Picquet de 1821, il indique l’emplacement de toutes les sculptures des jardins du château.

    L’Itinéraire ou guide du voyageur dans la ville, le château et le parc de Versailles et les deux Trianons fut publié en 1837, l’année de l’inauguration du musée historique.

    • Itinéraire ou guide du voyageur dans la ville, le château et le parc de Versailles et les deux Trianons, Versailles, 1837, p. 113-172 et, pour Trianon, p. 174-175.

    Imprimée en 1845 par Auguste-Jean-Baptiste Vinchon, la Notice des peintures et sculptures placées dans les appartements et dans les jardins du palais de Saint-Cloud recense plusieurs œuvres provenant des jardins de Versailles, notamment les sculptures du bosquet des Dômes.

    • Notice des peintures et sculptures placées dans les appartements et dans les jardins du palais de Saint-Cloud, Paris, 1845.

    Conservé aux archives de la conservation du musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, le premier registre de la correspondance des conservateurs du musée de Versailles couvre la période 1849-1852.

    L’inventaire de 1850 fut dressé dans le cadre de la liquidation de la liste civile de Louis-Philippe (Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, ms Vms 12).
    Lorsque le numéro de l’inventaire MR n’existe pas ou n’est pas connu, le numéro d’inventaire de l’inventaire de 1850 (et, dans un cas, le numéro d’inventaire de 1857) a été retenu pour désigner l’œuvre.

    En 1852, le conservateur Soulié fit paraître le catalogue de Trianon.

    • Eudore Soulié, Notice des peintures et sculptures placées dans les appartements et dans les jardins des palais de Trianon, Versailles, 1852.

    Le catalogue de Versailles fut publié en 1854-1855. Les sculptures des jardins sont recensées au t. II.

    • Eudore Soulié, Notice des peintures et sculptures composant le musée impérial de Versailles, 2 vol., Versailles, 1854-1855, t. II, p. 762-791.

    Le catalogue de Soulié fut l’objet d’une nouvelle édition en 1859-1861.

    • Eudore Soulié, Notice des peintures et sculptures composant le musée impérial de Versailles, 3 vol., Versailles, 1859-1861, t. III, p. 496-520.

    Les numéros de ce catalogue ont servi à établir la numérotation MV.

    Datées de 1872, une série de lettres de Soulié concernent les œuvres rapatriées de Saint-Cloud en 1872. Ces lettres ont été reliées à la suite de l’exemplaire, annoté en 1872 par Soulié, de la Notice des peintures et sculptures placées dans les appartements et dans les jardins du palais de Saint-Cloud, édition de 1847 (Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, ms Vms 24 ; don de Gaston Brière en 1921).

    Conservés aux archives de la conservation du musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, les six derniers registres de la correspondance des conservateurs couvrent la période s’étendant de 1877 à 1903.
    Dans certains cas, ils sont complétés par les listes des travaux exécutés entre 1875 et 1880 (Pierrefitte-sur-Seine, Archives des musées nationaux - musée du Louvre, département des Sculptures (série S), 20144793/30).

    La collection photographique de la famille Malitte-Richard est constituée de dix-huit albums renfermant 2 700 clichés pris entre 1896 et 1916 et représentant différentes parties du domaine de Versailles et de Trianon, extérieur et intérieur. Elle est conservée au Service des Archives du château de Versailles (V.6262). Les photographies ont été prises par des membres de la Société versaillaise de photographie1919. Arizzoli-Clémentel, 2010, p. 24..

    Conservés à la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, à Charenton-le-Pont, 400 négatifs sur plaques de verre ayant pour sujet Versailles et Trianon sont l’œuvre d’Alexandre Bourdier (1866-1948), photographe et imprimeur à Versailles. Pour la plupart, ces photographies montrent les sculptures des jardins de Versailles. Bourdier a travaillé entre 1895 et 19072020. Versailles, Service des Archives du château de Versailles, 03003, VR A 16-17, registres d’autorisations de dessiner, peindre et photographier (plus rarement, mouler des sculptures) dans le domaine de Versailles..

    Les deux publications de Masson de 1903 et 1906, la première illustrée de quatorze planches de plans, la seconde de vingt-sept planches de photographies des sculptures, apportent de précieuses informations sur une période mal connue de l’histoire des jardins.

    • A.-M. Masson, Plans des bosquets du parc de Versailles, Versailles, 1903.
    • A.-M. Masson, Recueil des figures, groupes, thermes, vases et autres ornemens tels qu’ils se voyent à présent dans le parc de Versailles photographiés d’après les originaux par A.-M. Masson, s. l., 1906.

    Entre 1900 et 1927, de nombreuses prises de vue ont été réalisées dans les jardins de Versailles et de Trianon par Eugène Atget (1857-1927). Ces photographies fournissent notamment des renseignements sur l’état des œuvres et leurs emplacement et orientation avant l’opération de dépose menée en 1939-1940 dans le cadre de la défense passive.
    Les épreuves étudiées pour l’établissement du catalogue sont conservées à Paris, à la Bibliothèque nationale de France (département des Estampes et de la Photographie, BOITE FOL B-EO-109), à la bibliothèque des Arts décoratifs (fonds Eugène Atget) et à Chicago, à l’Art Institute of Chicago.

    Gaston Brière, conservateur au château, fit publier en 1911 un recueil de planches photographiques illustrant les jardins de Versailles.

    • Gaston Brière, Le Parc de Versailles. Sculpture décorative, Paris, [1911].

    Plusieurs tirages conservés au Service des Archives du château de Versailles permettent de connaître l’apparence des jardins en 1939-1941 et le mode de protection adopté pour les sculptures en cette période. Ces photographies donnent à voir des perspectives et parterres dépourvus de leurs sculptures, révèlent des termes enterrés dans des tranchées creusées exprès ou des vases de marbre démontés et encaissés dans l’Orangerie. Des dons réguliers enrichissent les archives du château de documents iconographiques de cette période. Ayant intégré progressivement les collections, ces tirages ne sont pas conservés dans un fonds dédié.
    D’autres photographies de la même période sont conservées aux archives communales de Versailles (fonds Norbert Petit, 15 Z 2). Elles ont pour sujet le parc de l’abbaye des Vaux-de-Cernay où, disséminées, un grand nombre de sculptures des jardins de Versailles avait trouvé asile en 1939. Ces photographies sont l’œuvre d’Emmanuel-Louis Mas (1891-1979).

    Également conservé au Service des Archives du château de Versailles (2015.00.015.1-2015.00.015.5618), le fonds Renée Johnson est riche de 5 618 photographies représentant les extérieurs des châteaux de Versailles et de Trianon. Les prises de vue ont été réalisées entre 1959 et 1981, la plupart entre 1968 et 1981, par la photographe Renée Johnson. Ce fonds est précieux pour connaître l’état des sculptures des jardins, car les œuvres ont été photographiées de près, sous plusieurs angles et à différentes périodes. Le fait que les clichés sont datés du mois et de l’année de prise de vue a permis leur exploitation dans le présent catalogue.

    Publié en 1995, l’ouvrage de Stéphane Pincas est illustré de photographies de Maryvonne Rocher-Gilotte, antérieures de quelques années, qui renseignent sur l’état des sculptures des jardins de Versailles à la fin du xxe siècle.
    - Stéphane Pincas et Maryvonne Rocher-Gilotte, Versailles, un jardin à la française, Paris, 1995.
    Une lettre de Maryvonne Rocher-Gilotte à Jean-Pierre Babelon, directeur du musée et du domaine de Versailles, du 18 octobre 1990 permet de dater les prises de vue de 1988-19912121. Versailles, Service des Archives du château de Versailles, 09012, boîte 7.. Dans sa lettre, Maryvonne Rocher-Gilotte précise qu’elle travaille depuis deux ans à l’illustration du livre de Stéphane Pincas, publication devant être illustrée de 500 photographies.

1. Bertrand, 2016.
2. Bertrand, 2016.
3. Devis et conditions pour entretien de la couleur de bronze, vers 1750.
4. Champy, 2010 ; Perrier, 2013.
5. Maral, 2008-1.
6. Hovelaque, 1897 ; Hepp, 1907.
7. Emlein-Nau, 2006.
8. Hoog, 1985.
9. Maral, 2008 ; Maral, 2012-2.
10. Sabatier, 1999, p. 9-43.
11. Maral, 2008 ; Maral, 2008-1.
12. Leur liste a été publiée dans Maral, 2012-1, aux p. 79-81. Aux œuvres mentionnées par cette étude, on peut ajouter les douze œuvres préparatoires suivantes :
les quatre termes en terre cuite de Poussin attestés dans la collection Avila en 1657 (Catalogue d’exposition, Nicolas Poussin, 1994, p. 57) ;
la statuette en terre cuite du Satyre tenant une grappe de raisin mentionnée par Georges Guillet de Saint-Georges en 1690 (Conférences de l’Académie royale de peinture et de sculpture, 1648-1792, t. II, vol. 1, p. 294, conférence de Guillet de Saint-Georges du 7 octobre 1690) ;
le groupe d’Apollon servi par les nymphes de Girardon et Regnaudin, transcription en bronze d’un modèle préparatoire en terre, aujourd’hui conservé à Dresde (Maral, 2015, p. 80-81) ;
la statuette en terre cuite du Point du jour de Gaspard Marsy, mentionnée dans l’inventaire après décès du sculpteur (Souchal, 1977-1993, t. III, 1987, p. 61 et 70) ;
la statue en plâtre de L’Afrique, modèle, peut-être à grandeur, de Gaspard Marsy destiné à être confié à Sibrayque et mentionné dans l’inventaire après décès de Gaspard Marsy (Souchal, 1977-1993, t. III, 1987, p. 59 et 70) ;
le groupe en plâtre de Deux tritons de Michel Monier signalé dans son inventaire après décès comme modèle préparatoire pour le bassin de Neptune (Inventaire après décès de Monier, 30 décembre 1686) ;
le groupe en terre cuite de Trois enfants avec des guirlandes de fleurs de Michel Monier signalé dans son inventaire après décès comme modèle préparatoire pour un groupe du parterre d’Eau (Inventaire après décès de Monier, 30 décembre 1686) ;
les deux petits groupes en plâtre du Génie conduisant un dragon marin de Bouchardon, conservés en collection particulière à Fullerö en Suède (Catalogue d’exposition, Edme Bouchardon, 2016, p. 308-311).
13. Sabatier, 1999, p. 532-534.
14. Il existe une version préparatoire à l’inventaire de 1707 : l’État des bustes de marbre blanc dans le château de Versailles, parc, Marly, etc., Paris, dans la salle des Antiques (Paris, Archives nationales, O1 19681).
15. Inventoriées séparément, les figures qui constitueront les groupes de la nappe inférieure du bassin du Plat-fond n’ont pas encore été transférées à Trianon (p. 244-245), transfert effectué en 1706 (Grand état de la dépense ordinaire des Bâtiments du Roi, 1706, fol. 172) ; les groupes de plomb provenant de l’allée d’Eau que l’inventaire mentionne encore dans les jardins de Marly sont attestés en magasin en juin 1708 par une autre source (Inventaire des magasins des Bâtiments du Roi, 1708, p. 178).
16. Anatole de Montaiglon, dans la préface à la réimpression de 1883, p. iv-vi.
17. La lettre de plusieurs de ces gravures n’est pas fiable (Agrippine d’après l’antique, GR 146.1.116, mentionnée dans les jardins de Versailles, était en fait aux Tuileries ; Minerve d’après l’antique, GR 146.1.112, également mentionnée dans les jardins de Versailles, ne correspond à aucune des statues de Minerve qui y sont attestées ; Centaure et Amour d’après l’antique, GR 146.1.114, groupe mentionné prévu pour Versailles, était en fait à Marly ; Le Rémouleur en marbre, GR 146.1.58, attribué à Coysevox, est en réalité de Foggini).
18. La sculpture en Occident, 2007,p. 252-261 (C. Vandalle).
19. Arizzoli-Clémentel, 2010, p. 24.
20. Versailles, Service des Archives du château de Versailles, 03003, VR A 16-17, registres d’autorisations de dessiner, peindre et photographier (plus rarement, mouler des sculptures) dans le domaine de Versailles.
21. Versailles, Service des Archives du château de Versailles, 09012, boîte 7.