Alexandre Maral, avec la collaboration de Cyril Pasquier
Les catalogues raisonnés d'inventaire de collection de musée produits par la RMN-GP
Logotype du château de Versailles
Jardins de Versailles Bosquets actuels Bassin du Miroir et Jardin du Roi

Bassin du Miroir et Jardin du Roi

Le Jardin du Roi

À la place de la partie occidentale du bosquet de l’Île Royale, dont la pièce d’eau fut comblée à partir de 1812, le Jardin du Roi fut aménagé pendant l’hiver 1816-181711. Duchesne, 1815, p. 124.. De l’aménagement sculpté de la première période ne subsistent que les deux statues de l’Hercule Farnèse de Jean Cornu (MR 1793) au nord et de la Flore Farnèse de Jean Raon (MR 2080) au sud.

Provenant des magasins du musée du Louvre, une statue de Vénus fut proposée en octobre 1817 par le comte de Forbin22. Lettre du comte de Forbin au comte de Pradel du 21 octobre 1817.. Après transformation en Flore (MR 1932), elle fut installée en janvier 1818 au plus tard33. Lettre de Dufour au vicomte de Senonnes du 2 novembre 1817 ; lettre de Mounier à Dufour du 28 février 1818..

Elle fut placée sur une colonne (MR 3105) en marbre de Languedoc provenant du musée des Monuments français44. États mensuels des monuments sortis du musée des Petits-Augustins de 1816 à 1824, p. 290 (3 septembre 1817)..

Dans sa partie orientale, le Jardin du Roi accueillit dans un premier temps les statues de Pomone (MR 1973) et du Sacrificateur Albani (MR 194), demandées pour ce bosquet par le comte de Forbin dans une lettre de novembre 181755. Lettre du comte de Forbin au comte de Pradel du 4 novembre 1817.. Selon un mémoire du sculpteur Amable Boichard, les deux œuvres furent mises en place en 181866. Mémoire de marbrerie par Boichard, 14 juin 1818..

Ces deux sculptures furent ensuite remplacées par les deux vases de Jean Rousselet, Sacrifice dionysiaque, dit alors Mariage antique (MR 2939, au nord) et Ivresse de Silène, dit alors Bacchanale (MR 2940, au sud), provenant du parterre du Nord, transférés entre février et juillet 181977. Correspondance du comte de Forbin avec le comte de Pradel, janvier-juillet 1819.. En 2021, le vase du Sacrifice dionysiaque a été mis à l’abri et remplacé par un moulage (2021.00.033).

Le bassin du Miroir

Sur le pourtour du bassin du Miroir, où les Vases à décor de lierre de Jean Drouilly (MR 3014) et de Barthélemy de Mélo (MR 3015) demeuraient en place depuis au moins 1707, respectivement au nord et au sud, les quatre piédestaux, restés vides depuis la fin du xviiie siècle, accueillirent de nouvelles sculptures au début du xixe siècle.

Ces dernières, antiques, ont été étudiées par Christiane Pinatel88. Pinatel, 1963, p. 156-169..

La statue de Femme drapée (MR 391), qui tient une coupe, fut disposée sur le premier socle au nord. Elle provenait du bosquet voisin de la Salle des marronniers. Elle y est encore en 1797, date à laquelle elle fut pressentie pour le musée du Louvre99. Procès-verbaux du Conseil d’administration du Musée central des arts, janvier 1797-juin 1798, p. 115-117, à la p. 116.. En 1810, l’État des figures qui ont existé dans les jardins du palais impérial de Versailles et qu’il seroit nécessaire de remplacer la déclare manquante1010. Liste des sculptures disparues des jardins de Versailles à remplacer, 3 septembre 1810.. Son placement au bassin du Miroir est consécutif à sa restauration par Jean-François Lorta en 1821. Elle est attestée pour la première fois au bassin du Miroir par le plan de Charles Picquet, daté de 1821.

Le deuxième socle reçut la statue d’Apollon ou Pothos (MR 89) et, le troisième, la statue de Vénus (MR 388). Ces deux œuvres provenaient du château d’Écouen, où elles avaient été saisies en 1793 et transférées la même année à Versailles, au dépôt du Grand Commun. Elles furent restaurées par Lorta : Vénus au quatrième trimestre 1819, Apollon ou Pothos en 1820. Elles sont attestées pour la première fois au bassin du Miroir par le plan de Picquet et l’édition de 1821 du Cicerone1111. Duchesne, 1821, p. 101..

Une seconde Femme drapée (MR 232) fut placée sur le quatrième socle. L’œuvre provenait du musée du Louvre et, antérieurement, du château de Richelieu, où elle avait été saisie en 1800. Elle est attestée pour la première fois en 1821 au bassin du Miroir par le plan de Picquet.

1. Duchesne, 1815, p. 124.
2. Lettre du comte de Forbin au comte de Pradel du 21 octobre 1817.
3. Lettre de Dufour au vicomte de Senonnes du 2 novembre 1817 ; lettre de Mounier à Dufour du 28 février 1818.
4. États mensuels des monuments sortis du musée des Petits-Augustins de 1816 à 1824, p. 290 (3 septembre 1817).
5. Lettre du comte de Forbin au comte de Pradel du 4 novembre 1817.
6. Mémoire de marbrerie par Boichard, 14 juin 1818.
7. Correspondance du comte de Forbin avec le comte de Pradel, janvier-juillet 1819.
8. Pinatel, 1963, p. 156-169.
9. Procès-verbaux du Conseil d’administration du Musée central des arts, janvier 1797-juin 1798, p. 115-117, à la p. 116.
10. Liste des sculptures disparues des jardins de Versailles à remplacer, 3 septembre 1810.
11. Duchesne, 1821, p. 101.